« Terres de parole »

  • Amour, choix et beauté!

    Me revoilà, me revoici.
    Ça faisait un moment, n’est-ce pas, que nous ne nous étions pas retrouvés pour discuter une fois encore de la situation de notre territoire, et plus largement de notre communauté.

    Tu l’auras compris, j’ai pris un peu de distance avec notre belle île pour des raisons personnelles. C’est souvent quand tu t’y attends le moins que le destin te met à l’épreuve, face à des choses que tu pourrais croire insurmontables. Des choses qui viennent bouleverser un planning que tu avais mis deux années à construire. Et en deux temps, trois mouvements, tout bascule.

    Alors tu te dis que c’est le destin qui t’en veut, qui t’oblige à comprendre que « eh mec, ce n’est pas pour toi, tu ne comprends pas ». Et toi tu réponds : fuck man, rien à foutre, j’y vais quand même.

    Tu te retrouves à faire face, à jongler entre ce que tu penses vouloir, ce que le destin met sur ta route et ce que tu dois laisser transparaître. Être là, toujours, alors que tu pourrais dire : j’ai autre chose à faire. Parce que les autres ne se soucient pas de tout cela ; eux vont au plus simple.

    Parfois, j’ai envie de tout plaquer, de tout foutre en l’air, et de vivre simplement ce qu’il y a à vivre. À quoi bon se soucier des autres, alors que les autres ne se soucient même pas d’eux-mêmes ? Enfermés dans une boucle d’événements répétitifs, à la recherche d’une reconnaissance permanente.

    Finalement, je me retrouve enfermé dans une boucle de compréhension, dans une redondance de conversations qui mènent toujours au même point.

    Pour moi, la vie devrait être une succession d’événements menant à l’évolution de l’être et à une meilleure compréhension du monde dans son ensemble. Nous devons vivre pour apprendre, pour évoluer, pour aimer ce qui nous entoure.

    La construction de la pensée philosophique, menant à une appartenance à une structure sociétale, se fait lorsque la conscience de soi, dans un ensemble proportionné, devient réaliste.

    En dehors de tout enclavement ou encadrement de la pensée, la liberté se manifeste de la manière la plus simple qui soit : nous respirons librement nos mots et nos émotions.

    Mais aujourd’hui, il convient de comprendre que nous sommes amenés à revisiter le sens même du mot liberté, car celui-ci se conjugue désormais à la reconnaissance des faits et des actions que nous devons entreprendre pour y parvenir.

    Dans ce cadre précis, notre liberté est réduite. Elle permet certes l’évolution du soi dans un environnement donné, mais elle reste conditionnée. C’est pour cela que, dans ce monde, la conception de la liberté est toujours encadrée par ceux qui ont la possibilité de la modeler selon les prérequis nécessaires au bon fonctionnement de la société établie.

    Alors que voulons-nous vraiment ?
    Je crois que cette question est l’un des plus grands mystères de ce monde, car aujourd’hui, seuls 0,01 % de la population seraient capables d’y répondre.

    Aujourd’hui, éloigné du tumulte des enjeux politiques et du bruit de notre belle île, je me demande si, au fond de nous-mêmes, nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour notre liberté.
    Resterons-nous esclaves de notre propre considération, aveuglés par ce besoin de reconnaissance que nous jugeons nécessaire pour définir notre personnalité, indépendamment de toute réflexion communautaire ?

    Chers Martiniquais, chères Martiniquaises, la voie vers la liberté ne se gagne pas dans les paillettes ni dans l’ivresse de l’alcool. Elle se gagne par la conquête de la fierté de soi. Il n’est pas question d’accepter les conditions dans lesquelles certains souhaitent nous maintenir. Il est encore moins question de suivre ces nouveaux prophètes qui prêchent le renouveau tout en conservant les mêmes au pouvoir.

    Chers Martiniquais, votre destin ne dépend que de vous et de vous seuls.
    Car pendant que certains attendent l’avènement d’un élu, le monde, lui, continue d’avancer. Et il ne s’arrête pas.

  • Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.
    Tu connais déjà nos rendez-vous : ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde.
    Merci pour ta fidélité. Si ce n’est pas déjà fait, abonne-toi, partage avec ton entourage… et surtout, plonge avec moi dans le terrier du lapin blanc.

    Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?
    Les Martiniquaises, les Martiniquais, sommes-nous aujourd’hui prêts à nous faire entendre ?
    Sommes-nous prêts à nous faire comprendre ?
    Sommes-nous capables de sortir de nos habitudes pour emprunter un chemin différent, plus proche de ce que nous voulons vraiment ?

    Depuis que nous cheminons ensemble, à travers mes vidéos et nos échanges, nous avons découvert bien des choses que nous ne soupçonnions pas. Parce que, souvent, nous ne cherchions pas. Et comment s’intéresser à ce que l’on ne sait même pas qui existe ?

    Pour ma part, ma vision s’est éclaircie : le savoir, c’est le pouvoir. Mais ce pouvoir s’accompagne du doute. Un doute qui m’a parfois serré la gorge, donné envie de renoncer. Et je sais que pour toi aussi, c’est pareil.
    On se dit : « à quoi bon ? »
    On accepte que rien ne changera.
    Et alors, rien ne change.

    On dit : « L’ Antillais est ceci, l’ Antillais est cela. »
    On se discrédite entre nous, on se méfie les uns des autres. On vit ensemble, mais sans être ensemble. Et ça, depuis toujours.

    Pourtant, l’histoire le montre : c’est dans les luttes qu’un peuple se construit. C’est autour d’un objectif commun qu’il naît. Alors, la Martinique choisira-t-elle la lutte pour préserver sa jeunesse, ses terres, son économie, son avenir ?

    Moi, je veux y croire.
    Et toi ?

    Je continuerai, pas à pas, sur ce chemin parfois lourd comme un chemin de croix. Pour que nous continuions à apprendre, à comprendre, et à grandir ensemble.

  • « Le champagne ne remplacera pas le changement »

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.
    Vacances obligent, j’ai pris un peu de recul ! J’espère que tu es prêt pour notre rendez-vous, ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde. Je sens ton impatience, comme à chaque fois, de découvrir l’histoire du jour.
    Alors merci. Merci pour ta fidélité.

    Si ce n’est pas déjà fait, je t’invite à t’abonner à cette page, à partager avec ton entourage, et surtout, à plonger avec moi dans le terrier du lapin blanc…

    Comme une routine bien huilée, chaque histoire appelle un nouveau titre. Et avec moi, tu le sais, ce n’est jamais un titre anodin.


    L’été en Martinique a ce parfum unique, mélange de plage, de champagne et de musique.
    Le soleil glisse sur la peau comme un voile chaud, les corps se déhanchent au rythme des basses, la mer, elle, reste notre complice.
    La Mercury Beach brille comme une parenthèse dorée, où le temps semble se figer.
    Les afters du Tour des Yoles prolongent la fête jusque tard dans la nuit, et sur les visages, on ne lit que la joie, l’ivresse, l’oubli.

    Et c’est vrai, on en a besoin.
    Besoin de ces moments qui nous rassemblent.
    Besoin de se rappeler qu’avant d’être des voix qui s’opposent, on est un peuple qui sait vibrer à l’unisson.

    Mais dans cette douce euphorie, il y a un silence qui pèse.
    Celui des questions qu’on remet à plus tard.
    Pendant que les enceintes crachent nos sons de l’été, l’essence n’a pas baissé, la vie reste chère, la jeunesse continue de partir et nos terres sont toujours spoliées.

    Mais on vit comme si la fête pouvait tout réparer.
    Comme si elle pouvait repousser indéfiniment le moment où il faudra changer.


    Changer ne veut pas dire arrêter de vivre.
    Changer, c’est se dire que notre énergie pour danser peut aussi servir à construire.
    C’est accepter de regarder nos contradictions sans se juger, mais sans se mentir surtout.
    C’est passer de la parole aux actes, de la critique à la création.

    La fête n’est pas l’ennemie du changement.
    Elle est la preuve que nous savons nous rassembler, nous organiser, créer du beau.
    Alors imaginons que ce savoir-faire, cette chaleur humaine, on l’injecte aussi dans notre projet collectif.

    Car après les yoles, après la plage, après les rires…
    Il reste notre île.
    Et elle, elle ne peut pas attendre que la musique s’arrête pour aller mieux.

    Parce que danser ensemble, c’est bien.
    Mais avancer ensemble, c’est mieux.

  • L’illusion des luttes intestines, la guerre des faux prophètes!

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.

    Tu connais déjà nos rendez-vous, ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde. Je sens ton impatience, comme à chaque fois, de découvrir l’histoire du jour. Alors merci. Merci pour ta fidélité. Si ce n’est pas déjà fait, je t’invite à t’abonner à cette page, à partager avec ton entourage, et surtout, à plonger avec moi dans le terrier du lapin blanc…

    Chaque histoire appelle un nouveau titre. Et avec moi, tu le sais, ce n’est jamais un titre anodin. C’est une claque, une énigme, un électrochoc.

    Il souffle en Martinique un vent étrange, un de ces vents qui ne portent pas d’espoir mais attisent les cendres de vieilles querelles. Une bataille de façade se dessine, entre ceux qui réclament l’indépendance, et ceux qui aspirent à plus d’autonomie. Deux camps, deux ambiances, une certitude : pendant qu’ils s’affrontent, le peuple, lui, piétine.

    Ce combat, présenté comme idéologique, a surtout des allures d’orgueil blessé. Les discours s’enflamment, les réseaux s’emballent, chacun veut sa vérité, son drapeau, son moment. Mais qui parle encore du pouvoir d’achat ? Du coût de l’essence ? De l’hôpital qui manque de bras ? De la jeunesse qui part faute de perspective ? Personne. Ou trop peu. Le débat sur le statut devient l’arbre qui cache la forêt de nos urgences.

    Et puis, il y a cette autre vérité que peu veulent entendre : beaucoup de ceux qui appellent à rompre avec la France, à « sortir du colonialisme », vivent aujourd’hui grâce aux avantages que ce même système leur offre. Salaires versés par l’État, aides sociales, soins, retraites, logements subventionnés… On dénonce un système tout en y puisant chaque jour dans ces avantages. Ce n’est pas là une critique facile, mais un constat lucide. On ne peut pas réclamer l’indépendance le matin, et profiter pleinement du « colonial » l’après-midi. Pas sans cohérence. Pas sans clarté.

    Pendant que ces contradictions explosent sur les réseaux sociaux, la population, elle, attend du concret. Des solutions. Des actes. Une ligne directrice.

    Pas des querelles sur quel statut est le meilleur, mais meilleur pour qui ? Le vrai combat n’est pas entre indépendantistes et autonomistes. Il est entre ceux qui veulent agir pour le quotidien des Martiniquais, et ceux qui préfèrent faire du bruit pour mieux exister.

    Pendant ce temps, les élus eux continuent leur petite combine, se congratule lors des fêtes patronales. Consolide leur position et leur base électorale.

    Alors, cessons de nous déchirer pour des slogans. On doit travailler à reconstruire une Martinique forte, digne, lucide et bienveillante. L’avenir ne se joue pas dans les cris de ceux qui veulent avoir raison, mais dans les mains de ceux qui veulent faire mieux.

    Parce que la Martinique mérite mieux !

  • L’avènement des faux prophètes sur une île en quête de sens

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.

    Toi qui me lis, tu connais déjà nos rendez-vous, ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde. Je sens ton impatience, comme à chaque fois, de découvrir l’histoire du jour. Alors merci. Merci pour ta fidélité. Si ce n’est pas déjà fait, je t’invite à t’abonner à cette page, à partager avec ton entourage, et surtout, à plonger avec moi dans le terrier du lapin blanc…

    Chaque histoire appelle un nouveau titre. Et avec moi, tu le sais, ce n’est jamais un titre anodin. C’est une claque, une énigme, un électrochoc.

    L’avènement des faux prophètes sur une île en quête de sens.

    Oui, tu vois de quoi je parle.

    Qui sont ces faux prophètes ?

    Ce sont ces figures qui prêchent ce qu’ils ne pratiquent pas. Ceux qui, dans les heures troubles, se dressent en donneurs de leçons, mais dont les actes trahissent les paroles.

    Tu l’as sûrement remarqué ou peut-être pas encore mais quand le monde vacille, quand l’incertitude règne, ces individus prolifèrent. Ce moment de doute devient un terreau fertile pour leur ascension.

    Le faux prophète, tout comme le politicien opportuniste, ne parle jamais pour les autres, mais à travers eux, dans son propre intérêt. Il manipule, détourne, enflamme. Son objectif ? Utiliser la foule comme tremplin. Pas pour la guider, mais pour s’élever.

    Dans le bruit et la confusion, il devient difficile de savoir ce que nous voulons vraiment, en tant qu’individus. Et plus encore : difficile de dissocier nos besoins profonds de ce que d’autres veulent nous faire penser.

    Alors parfois, on abandonne. On se retire du débat. On baisse les bras. Mais ce repli est une victoire pour ces faux prophètes.

    Aujourd’hui, la Martinique est à un tournant. Et pour avancer, il faut faire abstraction des discours vides, des promesses creuses, des manipulations subtiles. Il faut trouver notre propre voix.

    La voix des sourds, des aveugles, des sans-voix… Celle qu’on n’écoute jamais, qu’on ne voit jamais. Cette voix-là est essentielle. C’est elle qui doit nous guider. Parce que l’issue ne viendra pas d’en haut. Elle viendra de ceux qu’on n’entend jamais, de ceux qui construisent en silence.

    Le monde change vite. Trop vite. Et si nous ne changeons pas nous-mêmes, si nous ne reprenons pas l’initiative, alors nous passerons notre vie à nous adapter… jusqu’au jour où il sera trop tard pour le faire.

    La Martinique a besoin de toi. De vous. De nous.

    Alors, prêt pour le voyage ?

  • Du pigeon au poulet – chronique d’un plumage ordinaire

    Nous revoilà pour une nouvelle histoire, mais pas si nouvelle que ça ! Alors pour ce texte, il nous faut un titre qui percute ! Un titre qui traduit ton sentiment du moment !

    Tu as cru qu’il s’agissait de rigueur. Tu t’es dit, bon, on serre tous la ceinture. Sauf que… non. Pas tous. Les annonces tombent, les milliards à trouver, et par un miracle bureaucratique toujours renouvelé, c’est encore sur toi que ça tombe.

    Le retraité, le chômeur, l’aidant, le smicard, le RSA-iste. Toi qui n’as pas les moyens d’aller à Dubaï. Toi qui fais la queue à la CAF

    Pendant que tu rends des comptes pour 400 euros d’APL, eux perçoivent des millions sans contrepartie.

    211 milliards.
    C’est ce que l’État verse chaque année aux entreprises sous forme d’aides publiques, subventions, exonérations diverses. On appelle ça le “soutien à la compétitivité”, un mot élégant pour désigner un robinet toujours ouvert.
    Mais le plus surprenant ?
    Aucune remise en cause.
    Aucune évaluation d’impact sur l’emploi, les délocalisations, la transition écologique ou la création de valeur en France.

    Quand l’État parle de “réduire la dépense publique”, il ne parle jamais de ça.
    Il parle de toi.
    De réduire l’allocation logement. De revoir les critères du RSA. D’exiger “des contreparties” pour les pauvres, mais aucune pour les puissants.

    Et pendant qu’on t’explique que “tout le monde doit faire un effort”, certaines institutions continuent de dépenser à tout-va. Le CESE, les multiples agences publiques, les comités consultatifs obscurs : des millions engloutis pour des rapports que personne ne lit, pour des réunions où l’on débat de l’air.

    Et maintenant, cerise sur le gâteau : on veut même t’enlever deux jours fériés.
    Deux jours de répit dans une année à courir après le temps, les factures, la santé mentale.
    Deux jours qu’on veut te reprendre au nom de “l’effort national”.
    Mais là encore, l’effort, c’est toujours toi. Jamais eux.

    Tu te dis : ils ne voient pas ?
    Non, ils voient très bien.
    Ils savent où sont les milliards. Ils choisissent simplement de ne pas les toucher.

    D’autres agitent une nouvelle histoire : “L’immigration coûte trop cher”.

    C’est le bruit de fond utile, la distraction préférée. Pendant que tu te disputes avec ton voisin sur des miettes, les festins continuent ailleurs.

    La dette publique ? Un sujet sérieux, bien sûr. Mais à force de frapper toujours sur les mêmes, on fabrique de la colère, de la fracture, et de la défiance.

    Et pendant que toi, tu cherches à comprendre, eux avancent masqués.

    Pour conclure

    Tu n’étais qu’un pigeon.
    Maintenant tu es un poulet qu’on plume.

  • Sois un pigeon ! Eh paie-toi !

    Nous revoilà pour une nouvelle histoire. On ne change pas une équipe qui gagne… à ouvrir les yeux sur une réalité qui nous concerne tous.
    Et pour une histoire comme celle-ci, il nous fallait un titre à la hauteur : « Sois un pigeon ! Eh paie-toi ! »
    Un titre qui claque, qui dérange, qui interroge. Et toi, fidèle lecteur, tu sais déjà que tu ne sortiras pas de cette lecture sans un petit pincement à la conscience.

    Alors, allons-y. Démystifions tout ça.

    Nous avons amorcé un cheminement autour de la politique, de son sens, et surtout de ce qui nous pénalise, nous, citoyens.
    La Martinique traverse une crise sociale profonde. Il suffit de faire le tour :

    • L’usine du Galion en déficit, menacée de privatisation partielle,
    • La MDPH, l’IMFPA, Martinique Transport, en perdition,
    • Le golf des Trois-Îlets, les communes placées sous tutelle,
    • Des entreprises et associations non payées pour les services rendus.
      Et que dire de ce maire qui a eu l’indécence de verser de l’argent public… sur son propre compte personnel.

    Pourtant, toutes ces institutions sont financées avec de l’argent public.
    Tu sais, ce fameux pot commun dans lequel chacun est censé contribuer, peu importe son statut social, pour permettre l’accès équitable aux services publics essentiels.

    Mais cette belle idée de solidarité a été détournée. Littéralement.
    Aujourd’hui, l’argent public rime trop souvent avec :

    • Détournement de fonds,
    • Mauvaise gestion,
    • Abus de biens sociaux,
    • Clientélisme.

    Mais c’est quoi, au fond, l’argent public ?
    C’est ton argent. Le mien. Celui que l’on prélève directement ou indirectement sur ton salaire, sur tes achats, sur ton travail, souvent au prix de ta santé.
    C’est cet argent-là qui paie : les salaires des élus, les voyages, les avantages, les gabegies administratives.

    Et pendant ce temps, 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été versés aux entreprises dans l’idée de soutenir leur développement, en espérant qu’elles recruteraient.

    Mais dans la réalité ?
    Une grande partie de cet argent est allée directement dans les poches des actionnaires, sans le moindre contrôle sérieux sur son efficacité ou sa nécessité.

    On garde le principe du pot commun, mais seules quelque-un en profitent.
    Tu commences à voir où je veux en venir.

    Toi, le smicard, le précaire, l’intermittent, le salarié qui trime sans jamais s’exiler fiscalement,
    Toi, tu paies.
    Tu paies pour que les riches vivent mieux, paient moins, et échappent aux règles.

    Pourquoi les riches ne veulent-ils pas payer d’impôts ?
    Parce qu’ils savent qu’ils n’ont pas à le faire. Le système a été pensé pour eux.
    Et toi, tu continues à alimenter ce système, parfois même sans t’en rendre compte.

    Pendant ce temps, le service public s’effondre.
    Une femme perd son bébé, faute d’hôpital à proximité.
    Des malades meurent sur des brancards, seuls dans un couloir.
    Les soignants, pourtant engagés, se battent dans un système à bout de souffle.

    Et pendant ce temps encore :
    22 ministres du gouvernement sont millionnaires.
    Ce sont ces mêmes millionnaires qui te disent comment vivre avec 900 € par mois.
    Tu ne vois pas le paradoxe ?

    On te dit que le problème, ce sont les chômeurs, les RSA, les « assistés »
    Mais on oublie de te dire que les élus, eux, profitent du pot commun sans jamais y contribuer autrement que par leurs discours.

    Rappelle-toi :
    Un ancien ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, cité dans une affaire où de l’argent du ministère aurait été utilisé pour acheter des livres… auprès d’un homme se présentant comme un « bouclier devant les békés ».
    ( Source : Mediapart )

    Et chez nous, en Martinique, violence et décadence financière avancent main dans la main.
    Mais rien ne semble empêcher les élus de continuer à vivre confortablement…
    Et de jouer leurs tours de magie habituels, sous nos yeux fatigués.

    Alors je te pose la question :

    Combien de temps encore, accepteras-tu d’être celui qui paie et qui se tait ?

  • « Le Bitume et le maire »

    Me revoilà pour une nouvelle histoire.
    Merci à toi pour ta fidélité et ton engagement autour de notre projet de réflexion sur la société martiniquaise.

    Aujourd’hui, notre nouvelle expérience s’intitule : « Le bitume et le maire ». Encore un titre qui, tu t’en doutes, ne te laissera pas sur le carreau.

    Je t’invite une fois encore et certainement pas la dernière à prendre le temps de cette réflexion.

    À chaque élection municipale, une petite routine bien huilée reprend vie environ six mois avant le scrutin.
    C’est à ce moment-là que les routes communales, jusque-là laissées à l’abandon, retrouvent miraculeusement une certaine jeunesse.
    À Fort-de-France par exemple, le maire  qui a pourtant montré de grandes difficultés à investir durablement dans sa ville – s’est récemment offert une finisseuse flambant neuve, un petit bijou à près de 100 000 €.
    Un investissement impressionnant sur le papier… mais combien de fois sera-t-elle réellement utilisée ?

    Pourquoi les maires aiment-ils autant le bitume ?

    Tout est une question de perception.

    Et, bien sûr, nous devons reparler de ce fameux syndrome du poisson rouge.

    Nos élus ont bien compris qu’après cinq ans et six mois de doléances sur l’état des routes, il suffit d’un peu d’enrobé frais et de quelques coups de balai pour que le citoyen, tout content, oublie le reste.
    Le moment est bien choisi : juste avant les élections.
    Car si les travaux sont faits trop tôt, qu’y aura-t-il de visible au moment crucial ? Rien de marquant. Rien pour « impressionner ».

    Et bien sûr, quelques mois après l’élection, les trous réapparaissent.
    Comme par magie ou plutôt, comme par habitude. Rien ne change vraiment !

    Ce que les maires savent (relativement) bien faire ?

    Deux choses :

    • Refaire les routes, de manière aléatoire.
    • Inaugurer des complexes sportifs, plus clinquants qu’utiles.

    Tu vois, tout cela n’a d’intérêt que si cela sert à maintenir le maire en place.
    Alors, quelques billets sont sortis à la dernière minute. On fait briller l’asphalte, on coupe quelques rubans, on invite la presse.

    Et voilà comment, avec un peu de paillettes et beaucoup de poudre de perlimpinpin, on se fait réélire
    … alors qu’on n’a rien fait, ou presque, durant les six années passées à la tête de la commune.

    Finalement, on s’y est habitué.
    On s’est accommodé de cette manière de faire.
    On est conditionné.

    Et tant que le syndrome du poisson rouge continue à faire son œuvre, le cycle se répétera. Encore. Et encore.

    💡 À méditer…

  • Et si tous se trompaient ?

    Me revoici, me revoilà avec toi aujourd’hui, encore une fois !
    Tu te demandes peut-être pourquoi le titre de notre nouvelle expérience est : « Et si tous se trompaient ».

    Tu te dis : « mais où va-t-il trouver tout ça » ?
    Tu l’auras compris, maintenant que nous sommes un peu plus proches, qu’avec moi, tu seras toujours un peu désarçonné mais très attentif.

    Alors commençons à démystifier tout cela.

    Dans le tumulte des revendications identitaires, des discours enflammés sur l’indépendance ou l’autonomie, et si nous passions à côté de l’essentiel ? À entendre les partisans du changement statutaire, la Martinique ne trouverait son salut que dans la rupture avec la France coloniale, ou au contraire dans une redéfinition radicale de son lien avec elle.

    Pourtant, une question s’impose : et si ni l’indépendance, ni l’autonomie ne répondaient aux vrais besoins du pays ?

    Et si le vrai nœud du problème n’était pas dans la forme institutionnelle, mais dans ce que nous faisons ou pas avec ce que nous avons déjà ?

    La Martinique perçoit chaque année environ 3 milliards d’euros de transferts publics de la part de la France et de l’Union européenne. Cela représente près de 80 % des finances publiques du territoire.

    À titre de comparaison :

    • Le budget national de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, pays indépendant situé à 200 km de nous, est inférieur à 300 millions d’euros par an.
    • Le PIB par habitant en Martinique dépasse les 20 000 €, contre moins de 9 000 € dans la majorité des petits États insulaires de la Caraïbe.
    • Près de 70 % du poisson consommé localement est importé, alors que nous disposons d’une ZEE de plus de 48 000 km² (30 fois la surface terrestre de l’île).

    Et si le vrai combat n’était pas institutionnel, mais structurel ?
    Et si, au lieu de se diviser sur la forme du lien avec la France, on se concentrait sur la manière dont nous gérons nos ressources, notre éducation, notre économie ?

    Notre zone économique exclusive, notre patrimoine naturel, notre richesse culturelle : ce sont là des leviers importants.

    Ce n’est pas le statut qui crée le développement, c’est la capacité à bâtir un projet collectif, à transformer les potentiels en réalités.

    La ZEE martiniquaise représente un levier stratégique énorme. Pourtant, la filière pêche est peu structurée, l’aquaculture quasi absente, et l’exploitation énergétique de la mer encore à l’état de projet. Pendant ce temps, les bateaux étrangers opèrent en toute légalité autour de nos côtes, souvent sous des accords signés à Paris.

    La Martinique a accès aux fonds de cohésion, de transition énergétique et de développement rural via l’UE. Pourtant, une partie de ces fonds est sous-consommée chaque année, faute de projets solides, de porteurs structurés ou de coordination efficace entre acteurs.

    Regarde la Réunion : elle a aussi le statut de région ultrapériphérique, comme nous. Mais elle a réussi à capter plus de fonds européens par habitant que nous, à structurer une économie plus diversifiée. La Réunion attire près de 500 millions d’euros par an de fonds européens. Nous, on a du mal à absorber ceux qui nous sont déjà attribués…

    Aujourd’hui, la CTM dispose déjà de larges compétences dans des domaines clés : développement économique, formation, transport, environnement, culture…

    Alors, pourquoi attendre un changement de statut pour :

    • Former nos jeunes aux métiers liés à la mer, à la transition écologique ou au tourisme ?
    • Créer de la valeur ajoutée localement à partir de nos ressources ?
    • Repenser nos circuits économiques, agricoles et énergétiques ?

    On a un taux de chômage de 15 %, un taux de pauvreté à 30 %, et près de 1 jeune sur 2 quitte l’île avant ses 30 ans.

    Le vrai enjeu n’est peut-être pas de quitter la France, mais de mieux exiger des résultats, ici, maintenant, de ceux qui nous gouvernent déjà localement.

    Une meilleure gestion des ressources locales pourrait :

    • Créer des milliers d’emplois hors administration (mairie, CTM…), dans la pêche, l’agriculture durable, les énergies renouvelables, l’économie numérique, le tourisme éco-responsable.
    • Réduire la dépendance à l’importation, notamment alimentaire (plus de 80 % des produits alimentaires sont importés).
    • Attirer les talents et les investissements, y compris de la diaspora.
    • Et surtout le plus important, redonner aux jeunes une raison d’espérer et de rester.

    Changer de statut ne garantit ni développement, ni équité, ni emploi. Sans vision de développement locale, sans stratégie, sans responsabilisation collective, une autonomie mal préparée ou une indépendance mal anticipée pourraient aggraver nos fragilités.

    Mais en utilisant mieux ce que nous avons, nos fonds, nos compétences, nos idées, nous pouvons transformer notre île sans renier notre cadre actuel.

    Et si tous se trompaient, c’est peut-être parce que le problème n’est pas institutionnel. Il est structurel. Et surtout, il est en nous.

    Donc ce texte, n’est pas contre l’indépendance ou l’autonomie ?

    Non. C’est juste un appel à réfléchir. Et si le vrai défi, ce n’était pas de changer la France… mais de changer la Martinique

  • Oui mais…

    Me revoici avec toi aujourd’hui.
    Tu te demandes peut-être pourquoi le titre de notre nouvelle expérience est : « Oui mais ».
    Tu l’auras compris, maintenant que nous sommes un peu plus proches, qu’avec moi, tu seras toujours un peu désarçonné.

    Alors entamons ensemble cette réflexion à partir d’une question que j’ai récemment posée :
    « Les élections municipales sont proches. Est-ce que cela signifie un début de changement pour la Martinique ou une continuité ? »

    Les réactions que j’ai reçues me laissent dans le doute. Et je suppose que toi aussi, tu n’y vois pas forcément un signe de changement positif.
    Tu me diras : comment espérer changer quelque chose auquel on ne croit plus ?
    C’est une vraie question. Et elle mérite d’être posée au centre d’une réflexion multiple, ouverte, multidirectionnelle.

    On vit sur une île où nos expériences de vie sont, dans l’ensemble, limitées.
    Il est donc assez facile de tomber dans une forme de redondance : des gestes répétés, des discours familiers, des journées qui se ressemblent.
    Alors, quelque part, cette situation finit par nous enfermer dans ce que j’appelle le syndrome du poisson rouge.

    On essaie de trouver du nouveau dans l’habitude. Mais ce n’est pas évident, tu le sais.
    Alors, au bout d’un moment, on n’y pense plus vraiment. On se laisse porter par la fatalité, par la répétition de ce qui a déjà été.
    On finit par croire qu’on s’épuisera plus à vouloir changer la situation qu’à la subir. Et puis, on se convainc que ce n’est pas si grave.

    C’est comme ça, petit à petit, qu’on emmène une population vers un état de résignation.
    Plus précisément : le « i bon kon sa ».
    Pourquoi faire autrement, puisque personne ne dit rien ?

    Et c’est ainsi que la politique fonctionne ici :
    Des figures qui sont là depuis vingt-cinq ans. Les mêmes discours. Les mêmes visages. Les mêmes voix à la télé, à la radio.
    On finit par s’habituer à leur présence, à croire que c’est leur place, et uniquement la leur.
    On se dit qu’ils feront peut-être les choses différemment, cette fois. Puis on désespère. Et enfin, on s’habitue.
    À quoi bon ?

    On en oublie que la vie peut être autre chose.
    Parce qu’on nous ramène sans cesse à nos difficultés, à notre impuissance.
    Et surtout, parce que les structures censées nous soutenir semblent elles-mêmes en léthargie.

    C’est ce qu’on appelle le conditionnement de la pensée.

    Mais parfois, dans cette léthargie générale, il y a un frisson. Un soupir. Un mot différent dans la bouche de quelqu’un. Un regard qui n’est pas tout à fait résigné. Et là, on se dit : Et si ?

    Et si ce n’était pas une grande révolution qu’il nous fallait, mais des petits sursauts de conscience ?
    Et si, au lieu d’attendre un sauveur, on commençait par refuser ce confort du renoncement ?
    Pas pour faire la guerre. Pas pour tout casser. Juste pour ne plus continuer à dire « oui » quand on pense « non ».

    Parce que changer, ici, ce n’est pas toujours renverser un système. C’est déjà refuser de se taire quand on voit l’injustice.
    C’est oser proposer quand on pense autrement.
    C’est créer une initiative, même toute petite, là où plus personne n’y croit.
    C’est aussi croire que l’on mérite mieux, sans attendre qu’on vienne nous dire qu’on y a droit.

    Changer, c’est sortir du cercle fermé du « I bon kon sa ».
    C’est comprendre que le fatalisme est une arme utilisée contre nous.
    Et que la passivité, aussi douce soit-elle, nous vole quelque chose d’essentiel : notre capacité à imaginer l’avenir, à rêver grand !

    Alors, peut-être qu’on ne renversera pas tout, tout de suite.

    Peut-être qu’aux prochaines municipales, ce seront encore les mêmes visages, les mêmes alliances, les mêmes histoires. Mais peut-être que toi, tu ne les regarderas plus avec les mêmes yeux.

    Peut-être qu’en te posant la question : « Qu’est-ce que je veux vraiment pour mon pays, pour ma commune, pour mes enfants ? », tu seras déjà en train de décaler un peu ta zone de confort.
    Et ce pas-là, même petit, il compte. Parce qu’il brise le cycle, dans lequel on souhaite nous enfermer.

    Alors oui, on pourrait dire que rien ne change.
    Oui mais.