« Terres de parole »

  • “Les héritiers d’un monde abîmé”

    Me revoici, me revoilà.
    Comme à chaque fois, on se retrouve pour un moment d’échange en toute intimité.

    J’ai voulu, tu le sais, lâcher la barque et prendre le large. Ce monde me révolte.

    Alors j’ai décidé, une dernière fois, de créer une nouvelle relation. Pas avec toi, même si notre lien comptait. Il y avait entre nous cette confiance : je te confiais mes songes, mes idées, mes interrogations… et toi, fidèlement, tu étais là, toujours présent.

    Mais aujourd’hui, ce n’est plus à toi que je m’adresse.

    C’est à toi, qui n’es pas encore là.

    À toi avec qui j’entretiendrai désormais cette relation.
    À toi qui devras, peut-être, nous sauver de nous-mêmes.
    À toi qui n’existes pas encore, mais qui portes déjà le poids du monde.

    Comme Don Quichotte face aux moulins, mon combat me semble vain.
    Notre beau pays paraît condamné à s’effondrer, incapable de se prendre en main.

    Et pourtant, il est difficile de rester spectateur.

    Alors cette fois, ce message n’est pas pour nous.
    Il est pour toi. Pour ta génération.

    Celle qui devra corriger nos erreurs.
    Celles que nous avons commises par égoïsme, en croyant pouvoir profiter sans jamais payer le prix.

    Et quel prix!

    Peut-être savions-nous.
    Peut-être avions-nous conscience qu’un jour, il faudrait payer l’addition.
    Mais nous avons aussi parié que, le moment venu, nous ne serions plus là pour en subir les conséquences.

    À toi qui arrives dans ce monde sans l’avoir demandé,
    mais qui hérites déjà du poids de nos fautes.

    Je sais que cela ne sera pas facile.

    Tu vivras dans un monde qu’on te racontera,
    et tu te demanderas pourquoi celui dans lequel tu vis n’y ressemble pas.

    Un monde où il ne reste plus grand-chose.
    Où les températures ont changé.
    Où l’agriculture est devenue mécanique.
    Où les plages ont presque disparu.

    Tu vivras avec le rêve d’une vie que tu n’auras jamais connue,
    parce que, par égoïsme, nous t’en avons privé.

    Nous te raconterons ce que nous avons perdu,
    sans avoir su le protéger.

    Alors, pour éviter que tout ne disparaisse,
    je t’expliquerai ce que nous avons fait et surtout, comment ne pas recommencer.

    Je te laisserai, au fond du terrier, des traces :
    des vidéos, des mots, ces échanges.
    Pour que tu connaisses cette vérité que certains, par honte, préféreront taire.

    Tu connaîtras nos erreurs.
    Nos faiblesses.

    Pour ne pas suivre le même chemin.
    Pour échapper à la cupidité, à l’égoïsme,
    à cette obsession de vouloir toujours être au-dessus des autres.

    Pour ne pas croire aux faux prophètes.

    Je ferai en sorte que tu voies clair,
    pour que tu puisses tracer ta route.

    Et peut-être, ainsi,
    sauver ce qui peut encore l’être.

    C’est ainsi qu’une nouvelle histoire naîtra entre nous.
    Pour que ton avenir soit meilleur que le nôtre.

  • J’ai perdu la foi en ce que je crois ! L’obscurité est ma voie !

    Me revoici… me revoilà.
    Peut-être pour la dernière fois.
    Peut-être pour cet ultime instant suspendu où nos voix se frôlent encore, dans cette intimité silencieuse que nous avons façonnée à deux.

    Tu le sais, ou peut-être l’as-tu toujours su, cette relation comptait pour moi.
    Elle était de celles que l’on ne nomme pas vraiment, mais que l’on nourrit de mots, de pensées, de fragments d’âme.
    Je t’ai confié mes songes, mes doutes, mes éclats d’idées…
    Et toi, tu répondais. Toujours.

    Il nous faut un titre, encore une fois.
    Un titre qui heurte, qui dérange, qui laisse une trace.
    Car chaque échange devait être unique… et celui-ci devra survivre à tous les autres.

    J’ai perdu la foi.
    Pas celle que l’on proclame, mais celle qui, en silence, éclaire les pas.
    Elle s’est éteinte sans bruit.
    Et dans son absence, l’obscurité ne s’est pas imposée… elle s’est installée.

    Nous avions convenu d’un temps.
    Un fragment d’éternité mesuré, suffisant pour apprendre à se deviner à travers le brouillard.
    Plus de vingt échanges… plus de vingt tentatives de percer ce voile immense dans lequel nous errions.
    Deux présences, liées sans se voir, proches sans jamais se toucher.

    Aujourd’hui, le voile est tombé.
    Ou peut-être est-ce moi qui n’ai plus la force de le soulever.

    Quelque chose s’est brisé .
    Mon regard s’alourdit, mes pensées s’assombrissent, et ce qui me guidait autrefois n’est plus qu’un souvenir diffus.
    La route s’efface sous mes pas.
    Elle ne mène plus nulle part… ou peut-être ailleurs.

    Alors je descendrai.

    Dans le terrier du lapin, mais sans promesse d’émerveillement.
    Sans lumière au fond du tunnel.
    Seulement le besoin de comprendre, quitte à m’y perdre.

    Cette fois, je n’entendrai pas ta voix.
    Cette fois, j’irai seul.

    Je dois savoir.
    Je dois comprendre.

    Et avant que le silence ne m’engloutisse…

  • De la lutte ancestrale… à une lutte personnelle!

    Me revoici me revoila, comme à chaque fois on se retrouve pour partager un moment d’échange en tout intimité. Tu le sais notre relation pour moi est importante !

    Nous entretenons cette relation de confiance ou je te partage mes songes, mes idées, mes interrogations… et où, fidèlement, tu maintiens cet accord tacite en étant toujours présent et en t’abonnant pour être toujours informé.

    Pour ce nouvel échange il nous faut comme à chaque fois un titre accrocheur, je le sais tu aimes te sentir déstabiliser. Chaque lecture doit être unique.

    Nous passons notre vie à lutter.

    À chaque instant, pour quelque chose :
    un sentiment, une idée, une envie.
    Par simple volonté d’être capables d’avancer, de tenir, de devenir.

    C’est une lutte silencieuse, quotidienne.
    Elle commence dès le matin, dans cet effort presque invisible de se lever pour affronter le jour.

    Nous luttons pour notre liberté :
    penser librement,
    circuler sans entrave,
    parler sans peur,
    vivre sans crainte.

    Mais nous ne sommes pas des combattants par choix.
    Nous le sommes par nécessité.
    Parce que la vie nous l’impose, comme une forme de dictature invisible :
    soit nous la subissons,
    soit nous la fuyons,
    soit nous décidons de l’affronter.

    Alors nous avançons.
    Toujours en mouvement.
    Toujours à essayer de contrôler ce qui nous échappe presque entièrement.

    Et dans ce mouvement perpétuel, nous oublions de nous arrêter.
    Nous oublions de regarder ce que cette lutte fait de nous.
    Nous oublions de voir ce qu’elle transforme, en nous, autour de nous.

    Car elle nous transforme, inexorablement.
    Du bébé inconscient, à l’adolescent insouciant, jusqu’à l’adulte parfois dépassé.

    Mais cette lutte ne devrait pas seulement nous user.
    Elle devrait nous élever.

    Elle devrait nous pousser à dépasser notre condition, à sortir de nous-mêmes,
    pour laisser place à quelque chose de plus grand :
    une véritable liberté d’être et de se relier aux autres.

    Car au fond, nous sommes liés.
    Par quelque chose d’invisible, de subtil, presque instinctif
    ce que certains appellent le « champ morphique ».

    Et pourtant…

    Nous sommes aussi les premières victimes de cette lutte.
    Parce qu’avant de lutter contre le monde,
    nous luttons principalement contre nous-mêmes.

  • L’homme sans ombre : l’apparat d’un leader atypique

    Me revoici, me revoilà.
    Comme à chaque fois, nous nous retrouvons pour partager un moment d’échange en toute intimité.

    Tu le sais, ce lien que nous entretenons n’est pas anodin. Il repose sur quelque chose de plus subtil : une habitude, une curiosité… peut-être même une forme de fidélité. Tu observes, je m’exprime. Et, d’une certaine manière, nous avançons ensemble.

    Mais aujourd’hui, cet échange sera différent.
    Aujourd’hui, je t’emmène dans mon monde.


    Tout est parti d’une phrase, presque banale :
    « Ça se voit que tu t’en fous. »

    Elle m’a fait sourire.
    Pas parce qu’elle est vraie ou fausse… mais parce qu’elle révèle quelque chose de plus profond :
    ce n’est pas seulement ce que tu es qui compte, mais ce que les autres sont capables de percevoir de toi.

    Certains me disent de choisir une voie, de m’y tenir.
    D’autres n’arrivent simplement pas à me définir.

    Et c’est normal.


    Je suis moi, ici et maintenant, en train de t’écrire.
    Je suis moi dans les vidéos que tu regardes.
    Je suis moi dans la rue, quand tu me croises.

    Et pourtant…
    Il y a autant de versions de moi qu’il y a de regards posés sur moi.


    On pourrait m’appeler l’homme sans ombre.
    Ou peut-être… l’apparat d’un leader atypique.

    Parce que mon monde n’est pas le tien.

    Dans mon monde, les choses sont simples :
    elles se traduisent en 0 et en 1.
    Il n’y a pas de place pour le doute, ni pour l’approximation, ni pour les demi-mesures.

    L’exigence y est telle qu’elle empêcherait beaucoup de se lever le matin.

    Alors, ceux qui vivent comme moi apprennent vite une chose :
    on ne s’intègre pas… on s’adapte.
    Et parfois, pour s’adapter, il faut savoir se détacher.


    Il y a 15 ans, j’ai fait ce choix.
    Celui d’entrer dans ton monde.

    Mais pour y rester, je ne pouvais pas être entièrement moi.
    Parce que si je l’étais…
    ce serait toi qui serais en inconfort.

    Car être pleinement soi…
    c’est parfois renoncer à être compris.


    Un jour, un ami m’a dit :
    « Tu devrais avoir plus confiance en toi. »

    Il se trompait.

    Ce n’est pas en moi que je n’ai pas confiance.
    C’est dans le concept même de confiance.

    La confiance, dans ton monde, est un mécanisme de défense.
    Un pacte implicite pour supporter l’incertitude.

    Mais ce pacte repose sur une illusion : celle que les autres respectent ce qu’ils promettent.


    Mais revenons à l’essentiel.

    Pourquoi je te dis tout ça aujourd’hui ?

    Parce que ce décalage entre toi et moi…
    c’est exactement le même qui existe entre le monde tel qu’il est,
    et le monde tel qu’il devrait être.


    Nous vivons dans une succession d’habitudes, de cycles, de répétitions.
    Un système qui rassure… mais qui nous endort.

    Et pendant ce temps, notre réalité évolue.
    Notre terre change.
    Notre équilibre se fragilise.


    Aujourd’hui, il ne s’agit plus de comprendre qui je suis.
    Il s’agit de comprendre ce que toi, tu choisis de devenir.

    Parce que le changement n’est plus une option.
    Il est une nécessité.

    Et il commence ici.
    Avec toi.

    Pour notre avenir.
    Et pour celui du peuple martiniquais.

  • La chute des faux prophètes : l’avènement manqué d’une catharsis collective

    Me revoici, me revoilà. Comme à chaque fois, nous nous retrouvons pour partager un moment d’échange en toute intimité. Tu le sais, notre relation est importante pour moi. Nous entretenons ce lien de confiance où je te partage mes songes, mes idées, mes interrogations… et où, fidèlement, tu maintiens cet accord tacite en étant toujours présent.

    Alors dis-moi : es-tu prêt à descendre avec moi dans le terrier du lapin, afin de comprendre et d’analyser les événements qui se produisent autour de nous ?

    Pour ce nouvel échange, il nous faut comme toujours un titre accrocheur. Je le sais, tu aimes être déstabilisé. Chaque lecture doit être unique.


    Ces derniers jours, comme toi, j’ai observé les événements qui ont rythmé cette campagne municipale. Et comme toi peut-être, je ressens ce goût amer. Non pas à cause des résultats , ils ne sont que la surface , mais à cause de cette catharsis attendue… et finalement absente.

    Quelque chose devait se produire. Une rupture, un basculement, une prise de conscience collective. Mais rien n’a réellement cédé. Quelques signaux, certes. Quelques frémissements. Mais rien de suffisamment profond pour parler de transformation.

    Alors je reste en réserve. Parce que seule la durée tranche. Seul le temps révèle ce que les discours dissimulent encore.

    Le constat est simple : le changement est invoqué partout, mais il ne se matérialise nulle part à la hauteur des attentes. Pourquoi ? Parce que nous ne parlons pas la même langue.

    Le mot “changement” est devenu un écran. Pour certains, il signifie ajuster. Pour d’autres, il implique renverser. Entre ces deux visions, il n’y a pas un écart, il y a une fracture.

    Et tant que cette fracture persiste, aucune trajectoire commune ne peut émerger.

    Il nous faut donc revenir à l’essentiel : comprendre, déconstruire, remettre à plat. Non pas les intentions affichées, mais les volontés réelles. Celles qui résistent. Celles qui refusent de céder.

    Car au fond, le véritable blocage est là : nous restons prisonniers d’une logique de court terme. Une logique de confort immédiat, de gain rapide, qui nous empêche de penser en profondeur et dans la durée.

    Cette inertie n’est pas neutre. Elle nous installe dans une routine lente, presque imperceptible… mais profondément destructrice. Une trajectoire qui ne mène pas à l’effondrement brutal, mais à une dérive continue vers le vide.

    Pendant ce temps, le monde avance. Les tensions s’accumulent. D’autres combats émergent, et ils n’attendront pas que nous soyons prêts.

    Or, nous ne le sommes pas. Nous avons pris du retard. Et ce retard, nous le paierons si nous ne réagissons pas avec lucidité.

    Car ce qui est en jeu dépasse les échéances politiques. Il s’agit de notre capacité à considérer réellement la population : à la respecter, à préserver son essence, à inscrire son existence dans le temps long.

    Sans cela, il n’y aura ni stabilité, ni horizon. Seulement une succession de réponses tardives à des crises mal anticipées.

    Oui, l’inquiétude grandit. Et elle est légitime.

    Mais elle doit devenir un point de départ.

    Alors la question reste entière : sommes-nous prêts à entrer dans la danse non pas pour répéter les mêmes mouvements, mais pour construire, enfin, une direction commune ?

  • Pour une bouchée de pain, on vend son vote…et on hypothèque son avenir

    Me revoici, me revoilà, fidèle au rendez-vous, comme à chaque fois, pour entretenir ce lien qui nous unit. Car tu le sais, rien ne dure sans être nourri ; alors je m’attelle, avec ardeur, à faire vivre notre relation.

    Par deux fois, je me suis trompé.
    Et je le dis sans détour : c’est inadmissible.

    J’ai longtemps cru que le problème était l’ignorance. Que si une partie de la population faisait de mauvais choix, c’était faute d’information. Une erreur d’analyse. Une illusion confortable.

    La réalité est plus dure.
    Ce n’est pas seulement de l’ignorance. C’est de la compromission.

    Oui, le mot dérange. Mais il faut le dire.

    Non pas que cela soit nouveau, mais parce que je refusais de voir à quel point nous en étions arrivés là.

    Car beaucoup ont parfaitement compris les règles du jeu.
    Si les élus mangent, alors il faut manger aussi. Peu importe la part. Même les miettes suffisent, tant que quelque chose tombe.

    Un poste.
    Un logement.
    Quelques sacs de ciment.
    Un dossier qui avance.

    Voilà ce que vaut un vote.

    Nous ne sommes plus dans une élection.
    Nous sommes dans une négociation.

    Le bulletin n’est plus un choix d’avenir, c’est une monnaie d’échange.
    Et la campagne électorale devient le moment idéal pour obtenir ce que six années de mandat n’ont jamais permis.

    Pendant ce temps, une autre partie de la population s’est retirée.
    Les silencieux.

    Ceux qui ont construit, tenu bon, réussi malgré les obstacles.
    Ceux dont les enfants sont partis en France ou ailleurs et qui ne reviendront probablement pas.

    Ceux-là ne croient plus en rien.
    Et surtout, ils ne participent plus.

    Alors oui, ils ne sont pas tous ainsi.
    Mais leur absence pèse lourd.

    Car en politique, le vide n’existe pas.
    Il est toujours occupé.

    Et aujourd’hui, il l’est par un système où chacun tente de tirer sa part, aussi petite soit-elle.

    Sacré bordel!

    Mais au fond, peut-on vraiment en vouloir à ceux qui jouent avec les règles qu’on leur a laissées ?

    Tant que le champagne coulera, bon marché ou non, l’illusion de grandeur restera.

    Alors la vraie question n’est pas de juger.
    Elle est plus inconfortable.

    Qu’est-ce qu’on est prêt à changer, nous ?

    Pas demain.
    Pas en théorie.

    Maintenant!

  • Trône de guerre, pour plage de pétrole!

    Nous revoilà pour une nouvelle histoire.
    On ne change pas une équipe qui gagne quand il s’agit d’ouvrir les yeux sur une réalité qui nous concerne tous.

    Ça faisait longtemps qu’on ne s’était plus parlé.
    Tu me diras, il s’est passé tellement de choses entre-temps.
    Je n’avais plus la tête à ça. Tu m’excuseras. Parfois ce n’est pas facile. La vie dépose des événements sur ta route, et moi, comme une huître, je me renferme dans ma tête.

    Il n’y a aucune folie là-dedans.
    Je ferme les yeux… et plus rien n’existe.

    Tu vois, on devient de plus en plus intimes.
    Je te partage une partie de moi, et toi, quelque part, tu me comprends.
    Et puis après tout, qu’est-ce que ça change ? Je suis moi, tu es toi, parmi tant d’autres. Ensemble, nous formons une communauté.

    Tu l’as vu comme moi ou du moins, je le crois le monde part en sucette.

    Alors ce soir, on donnera comme titre :

    Trône de guerre pour plage de pétrole.

    Était-il possible de prévoir la trajectoire que le monde allait prendre ?
    Parfois les événements nous échappent. Une décision prise aux États-Unis peut modifier l’ordre mondial. Les équilibres sont fragiles. Les alliances intéressées. Les principes… négociables.

    Avec toi, comme à chaque fois, on va essayer de comprendre.
    Poser une réflexion.
    Décrypter la situation pour mieux l’appréhender.

    On est tellement habitués aux mensonges que lorsqu’une personne dit la vérité sur ses intentions, on croit d’emblée qu’elle ment. Pourtant, certains dirigeants ont toujours affiché clairement leurs ambitions. Les journalistes semblent surpris, comme si la franchise dérangeait plus que l’hypocrisie.

    L’intention première d’un politique, c’est l’obtention du pouvoir.
    Une fois qu’il l’a, la vraie question est : que fera-t-il de ce pouvoir ?

    Dans ce monde, les forts veulent être plus forts.
    Les faibles deviennent variables d’ajustement.
    Ils travaillent pour des miettes, s’isolent dans leurs contraintes et finissent par s’habituer à leur condition.

    La maîtrise de la pensée ne passe plus forcément par la peur.
    Elle passe par la contrainte quotidienne.
    Par l’absence de connaissance.
    Par la fatigue.
    Par la répétition.

    Il est plus facile d’orienter quelqu’un qui ignore les règles du jeu que de le contraindre par la force.

    On pourrait dire :
    S’il n’y avait pas d’argent, il n’y aurait pas d’horreur.
    S’il n’y avait pas de pétrole, il n’y aurait pas de morts.
    S’il n’y avait pas de champagne, il n’y aurait pas de fêtes.

    Alors nous serions tous heureux dans les champs.

    Mais au fond… est-ce vraiment ce que nous voulons ?

    Je t’avoue mon inquiétude.
    Parfois j’aimerais débrancher la prise.
    M’asseoir sur un banc.
    Fermer les yeux et me couper de tout.

    Mais la réalité ne disparaît pas parce qu’on cesse de la regarder.

    Il y a tant de choses à faire et si peu de temps pour les faire.
    Serons-nous capables, un jour, d’ouvrir les yeux sur cette réalité qui nous rattrape avant qu’elle ne nous engloutisse ?

    Nous reprendrons notre route ensemble. Une fois de plus nous ferons un bout de chemin ensemble.
    Un pas après l’autre.

    Nous serons deux.
    Puis trois.
    Puis…

  • Yann MIEVILLY : “La politique locale doit redevenir un outil d’émancipation citoyenne

    Vous assumez un positionnement politique marqué. D’où vient cet engagement ?
    Il vient d’un constat simple : beaucoup de citoyens ont le sentiment que la politique se fait sans eux. J’ai grandi avec l’idée que la démocratie ne peut pas être uniquement représentative, elle doit aussi être participative. Mon engagement repose sur la conviction que chacun doit pouvoir peser sur les décisions qui structurent son quotidien.

    Certains parlent d’une crise démocratique. Partagez-vous ce diagnostic ?
    Oui, clairement. Il y a une défiance forte envers les institutions, et elle ne vient pas de nulle part. Beaucoup de citoyens ont le sentiment de ne pas être écoutés. La réponse ne peut pas être uniquement institutionnelle, elle doit être culturelle. Il faut recréer des espaces de dialogue, de transparence et de responsabilité partagée.

    Pourquoi la scène municipale vous semble-t-elle stratégique ?
    Parce que c’est le premier niveau de contact entre la politique et les citoyens. Les décisions municipales touchent directement le logement, l’éducation, les transports, la sécurité ou encore le cadre de vie. C’est aussi l’échelle où l’on peut expérimenter de nouvelles formes de démocratie.

    Concrètement, quelles mesures défendriez-vous dans une municipalité ?
    Je veux d’abord renforcer la participation citoyenne. Cela passe par des budgets participatifs ambitieux, des consultations régulières des habitants et la création d’instances citoyennes capables d’influencer réellement les décisions.

    Je souhaite aussi renforcer les politiques sociales locales, notamment en facilitant l’accès au logement et en développant des dispositifs d’accompagnement pour les familles et les publics fragiles. Une ville doit protéger ses habitants, surtout les plus vulnérables.

    Les questions environnementales prennent une place centrale dans les débats urbains. Quelle est votre approche ?
    La transition écologique ne doit pas être vécue comme une contrainte mais comme une opportunité d’améliorer la qualité de vie. Il faut accélérer la végétalisation des villes et développer des transports plus accessibles et moins polluants. L’écologie doit être populaire et accessible à tous.

    La jeunesse est souvent présentée comme éloignée de la politique. Comment la réengager ?
    Il faut arrêter de parler de la jeunesse sans lui donner la parole. Je défends la création d’instances décisionnelles dédiées aux jeunes, avec des moyens réels. Il faut aussi investir dans la culture, le sport et l’accès à l’emploi. L’engagement naît quand les jeunes se sentent considérés et écoutés.

    La sécurité reste un sujet sensible dans les collectivités. Quelle est votre position ?
    La sécurité ne peut pas se résumer à une approche uniquement répressive. Elle doit reposer sur un équilibre entre prévention, présence de terrain et travail social. Une ville plus juste est souvent une ville plus sûre. Il faut s’attaquer aux causes profondes des tensions sociales.

    Quel modèle de ville souhaitez-vous incarner ?
    Je défends une ville solidaire, démocratique et inclusive. Une ville qui ne laisse personne de côté et qui valorise la diversité de ses habitants. Une ville où les citoyens ne sont pas seulement administrés, mais pleinement acteurs.

    En une phrase, comment résumeriez vous votre projet politique ?
    Redonner du pouvoir d’agir aux citoyens et faire de la ville un espace de justice sociale, de participation et d’émancipation collective.

  • Amour, choix et beauté!

    Me revoilà, me revoici.
    Ça faisait un moment, n’est-ce pas, que nous ne nous étions pas retrouvés pour discuter une fois encore de la situation de notre territoire, et plus largement de notre communauté.

    Tu l’auras compris, j’ai pris un peu de distance avec notre belle île pour des raisons personnelles. C’est souvent quand tu t’y attends le moins que le destin te met à l’épreuve, face à des choses que tu pourrais croire insurmontables. Des choses qui viennent bouleverser un planning que tu avais mis deux années à construire. Et en deux temps, trois mouvements, tout bascule.

    Alors tu te dis que c’est le destin qui t’en veut, qui t’oblige à comprendre que « eh mec, ce n’est pas pour toi, tu ne comprends pas ». Et toi tu réponds : fuck man, rien à foutre, j’y vais quand même.

    Tu te retrouves à faire face, à jongler entre ce que tu penses vouloir, ce que le destin met sur ta route et ce que tu dois laisser transparaître. Être là, toujours, alors que tu pourrais dire : j’ai autre chose à faire. Parce que les autres ne se soucient pas de tout cela ; eux vont au plus simple.

    Parfois, j’ai envie de tout plaquer, de tout foutre en l’air, et de vivre simplement ce qu’il y a à vivre. À quoi bon se soucier des autres, alors que les autres ne se soucient même pas d’eux-mêmes ? Enfermés dans une boucle d’événements répétitifs, à la recherche d’une reconnaissance permanente.

    Finalement, je me retrouve enfermé dans une boucle de compréhension, dans une redondance de conversations qui mènent toujours au même point.

    Pour moi, la vie devrait être une succession d’événements menant à l’évolution de l’être et à une meilleure compréhension du monde dans son ensemble. Nous devons vivre pour apprendre, pour évoluer, pour aimer ce qui nous entoure.

    La construction de la pensée philosophique, menant à une appartenance à une structure sociétale, se fait lorsque la conscience de soi, dans un ensemble proportionné, devient réaliste.

    En dehors de tout enclavement ou encadrement de la pensée, la liberté se manifeste de la manière la plus simple qui soit : nous respirons librement nos mots et nos émotions.

    Mais aujourd’hui, il convient de comprendre que nous sommes amenés à revisiter le sens même du mot liberté, car celui-ci se conjugue désormais à la reconnaissance des faits et des actions que nous devons entreprendre pour y parvenir.

    Dans ce cadre précis, notre liberté est réduite. Elle permet certes l’évolution du soi dans un environnement donné, mais elle reste conditionnée. C’est pour cela que, dans ce monde, la conception de la liberté est toujours encadrée par ceux qui ont la possibilité de la modeler selon les prérequis nécessaires au bon fonctionnement de la société établie.

    Alors que voulons-nous vraiment ?
    Je crois que cette question est l’un des plus grands mystères de ce monde, car aujourd’hui, seuls 0,01 % de la population seraient capables d’y répondre.

    Aujourd’hui, éloigné du tumulte des enjeux politiques et du bruit de notre belle île, je me demande si, au fond de nous-mêmes, nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour notre liberté.
    Resterons-nous esclaves de notre propre considération, aveuglés par ce besoin de reconnaissance que nous jugeons nécessaire pour définir notre personnalité, indépendamment de toute réflexion communautaire ?

    Chers Martiniquais, chères Martiniquaises, la voie vers la liberté ne se gagne pas dans les paillettes ni dans l’ivresse de l’alcool. Elle se gagne par la conquête de la fierté de soi. Il n’est pas question d’accepter les conditions dans lesquelles certains souhaitent nous maintenir. Il est encore moins question de suivre ces nouveaux prophètes qui prêchent le renouveau tout en conservant les mêmes au pouvoir.

    Chers Martiniquais, votre destin ne dépend que de vous et de vous seuls.
    Car pendant que certains attendent l’avènement d’un élu, le monde, lui, continue d’avancer. Et il ne s’arrête pas.

  • Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.
    Tu connais déjà nos rendez-vous : ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde.
    Merci pour ta fidélité. Si ce n’est pas déjà fait, abonne-toi, partage avec ton entourage… et surtout, plonge avec moi dans le terrier du lapin blanc.

    Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?
    Les Martiniquaises, les Martiniquais, sommes-nous aujourd’hui prêts à nous faire entendre ?
    Sommes-nous prêts à nous faire comprendre ?
    Sommes-nous capables de sortir de nos habitudes pour emprunter un chemin différent, plus proche de ce que nous voulons vraiment ?

    Depuis que nous cheminons ensemble, à travers mes vidéos et nos échanges, nous avons découvert bien des choses que nous ne soupçonnions pas. Parce que, souvent, nous ne cherchions pas. Et comment s’intéresser à ce que l’on ne sait même pas qui existe ?

    Pour ma part, ma vision s’est éclaircie : le savoir, c’est le pouvoir. Mais ce pouvoir s’accompagne du doute. Un doute qui m’a parfois serré la gorge, donné envie de renoncer. Et je sais que pour toi aussi, c’est pareil.
    On se dit : « à quoi bon ? »
    On accepte que rien ne changera.
    Et alors, rien ne change.

    On dit : « L’ Antillais est ceci, l’ Antillais est cela. »
    On se discrédite entre nous, on se méfie les uns des autres. On vit ensemble, mais sans être ensemble. Et ça, depuis toujours.

    Pourtant, l’histoire le montre : c’est dans les luttes qu’un peuple se construit. C’est autour d’un objectif commun qu’il naît. Alors, la Martinique choisira-t-elle la lutte pour préserver sa jeunesse, ses terres, son économie, son avenir ?

    Moi, je veux y croire.
    Et toi ?

    Je continuerai, pas à pas, sur ce chemin parfois lourd comme un chemin de croix. Pour que nous continuions à apprendre, à comprendre, et à grandir ensemble.