Panser son peuple

Panser son peuple commence par le partage de savoir qui lui permettra de comprendre ces blessures.
Mieux comprendre pour mieux avancer.
Aujourd’hui loin de l’agitation des combats, que soulève la situation du territoire Martiniquais, je me pose la question de savoir qui prend le temps de soigner les blessures d’une population qui n’a eu de cesse d’être traumatisé par des années d’enfermement et de contrainte.
Que cet enfermement soit physique ou psychologique, il génère un stress quotidien sur une population qui n’a plus grand-chose à quoi se retenir. 
Les difficultés du territoire reposent sur une méconnaissance des mécanismes qui régissent une société fondée sur le principe d’une inégalité approuvé. 
Le principe du leader se base sur une volonté de s’ériger en étendard d’une vision qui correspond à l’appréciation d’une situation à un instant donne, sans pour autant y associer le souhaite des personnes qui devront supporter ce statut de leader ériger en étendard.
Dans un monde ou nous vivons au travers d’une volonté manifeste de trouver dans le comportement de l’autre, l’acceptation d’une situation dont nous sommes soit supérieur ou égale dans le simple but de nous sentir dans une position dominante.  
Nous serons incapables de panser nos plaies, car comment dans une telle situation serions-nous capables d’analyser la brèche qui a forgé notre conception du monde dans lequel nous évoluons constamment. Regis par l’idée qu’être mieux que l’autre sera toujours un gage de réussite. 
Nous devons avant toute chose comprendre que nous reproduisons de façon consciente une attitude socialement destructrice. La catharsis de la pensée martiniquaise s’oppose de fait à une évolution qui doit amener se peuple a se construire en passant par l’acceptation de son histoire. 
L’étendard ériger en héros s’il ne prend pas la dimension psychologique de la pensée Martiniquaise qui se trouve dans une phase d’auto sabotage n’arrivera pas à converger les forces nécessaires pour construire le concept premier d’une nation, la ferveur populaire. 
Panser son peuple, ou de façon moins autocratique, panser une population en mal d’avenir, ne peut se faire que sur les bases d’une relation de confiance qui doit permettre de mettre en lumière toutes les failles que cette population refuse par principe de voir. Car elle se trouve dans une idéologie qui lui confère le droit d’être tout sachant.
Panser son peuple ou de façon plus générale une population revient a partir d’un fait premier, définir qui nous sommes et où nous souhaitons arriver. Il ne se fait pas par la volonté d’imposer un concept de penser qui doit amener celui-ci a une position dominante car il reproduira de façon récurrente les traumatises qui ont entrainé l’enfermement de la pensée de cette population.
Déconstruire pour reconstruire, reprendre maille par maille afin de tissé une toile mémoriel qui s’inscrira dans le cadre d’une pensée collective, base sur un échange élargie afin d’obtenir la meilleure image possible a laquelle se référé.

Panser son peuple commence par le partage du savoir, car c’est en comprenant ses blessures qu’il pourra avancer.

Aujourd’hui, loin de l’agitation qui entoure les débats sur la situation du territoire martiniquais, je me pose une question essentielle : qui prend véritablement le temps de soigner les blessures d’une population constamment marquée par des années d’enfermement, de contraintes, de ruptures silencieuses ?

Qu’il soit physique ou psychologique, cet enfermement génère un stress quotidien sur une population qui, peu à peu, perd ses repères, ses racines, sa confiance.

Les difficultés du territoire reposent en partie sur une méconnaissance des mécanismes qui structurent une société fondée sur le principe d’une inégalité acceptée, voire institutionnalisée.

Le leader, dans ce contexte, se construit trop souvent autour de l’image d’un étendard, d’un symbole. Mais se pose-t-il la question de savoir s’il représente vraiment les volontés de ceux qu’il prétend incarner ? Un leader sans ancrage dans la réalité psychologique de son peuple court le risque de devenir une figure vide, déconnectée.

Nous vivons dans une société où la domination subtile s’exerce parfois par la comparaison constante. Être perçu comme supérieur à l’autre devient un objectif, une quête de légitimité. Mais dans un tel système, comment pourrions-nous panser nos plaies ? Comment prendre conscience de la brèche originelle, de cette faille dans notre perception du monde qui nous pousse à reproduire sans cesse les logiques d’oppression ?

Nous devons reconnaître que nous reproduisons, parfois inconsciemment, des comportements socialement destructeurs. La pensée martiniquaise, dans sa quête de sens, semble enfermée dans un mécanisme d’autosabotage. La catharsis collective, cette libération émotionnelle par la connaissance de notre passé devient alors un passage obligé pour se reconstruire.

Un peuple ne peut s’unir autour d’un leader si celui-ci ne prend pas en compte la douleur enfouie, les traumatismes historiques et les fragilités identitaires qui le traversent. Sans cette prise de conscience, il ne pourra jamais générer l’élan collectif nécessaire à la naissance d’un véritable projet national, porté par la ferveur populaire.

Panser un peuple ou plus justement, panser une population en quête d’avenir ne peut se faire que sur la base d’une relation de confiance. Une confiance qui permet de mettre en lumière les failles, même celles que l’on refuse de voir. Trop souvent, notre société entretient l’illusion du « tout-savoir », un réflexe défensif face à une histoire douloureuse et partiellement déniée.

Repenser notre avenir commence par redéfinir qui nous sommes, et ce que nous voulons devenir. Il ne s’agit pas d’imposer un schéma de pensée ni de viser une position dominante. Il s’agit de rompre avec les traumatismes passés, de déconstruire ce qui a été inculqué pour reconstruire, pièce par pièce, une mémoire collective solide.

Déconstruire pour reconstruire.

Reprendre maille par maille notre histoire, pour tisser une toile mémorielle vivante, partagée, enracinée. Une pensée collective, nourrie par un dialogue élargi, ouverte à toutes les vérités pour enfin obtenir une image de nous-mêmes à laquelle nous pourrons, en conscience, nous rattacher.

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