đŸŒș La Martinique, l’üle aux fleurs
 l’üle en pleurs

La Martinique s’est rĂ©veillĂ©e un dimanche matin, secouĂ©e par le bruit des balles en rafales.
Trois jeunes sont partis. EnvolĂ©s pour un long voyage vers l’inconnu, vers un ailleurs sans nom.
Laissant derriÚre eux des souvenirs, des sourires éteints, de la douleur, et un vide immense pour ceux qui les aimaient.

Alors la Martinique s’interroge :
Combien d’enfants devront encore s’éteindre avant qu’on ne s’en soucie vraiment ?
Comment un peuple peut-il rester silencieux devant la perte de ses propres fils, de ses propres filles ?
Les Martiniquais peuvent-ils se réveiller de ce sommeil profond, dans lequel ils ont plongé sans résistance ?

Je me permets de te parler aujourd’hui, car je te vois

Je te vois rĂ©pĂ©ter chaque jour les mĂȘmes gestes.
Je te vois quand tu es dans ta voiture, quand tu marches dans la rue, fatigué, te questionnant sans cesse.


Je pense avec toi. Je rĂȘve avec toi. Je sais que parfois, tu es perdu. Je sais que parfois c’est difficile.
Je comprends. Je sais que tu as acceptĂ© une situation parce que tu ne vois plus d’issue.
Tu te dis : « À quoi bon ? Chacun sa galĂšre. Quand moi j’étais au plus bas, personne ne m’a tendu la main. »

Mais je te pose une question :
Et s’il ne restait plus personne autour de toi ?
Ne ressentirais-tu pas la solitude, le manque, le regret de n’avoir pas agi ?

Et si, au lieu de cĂ©der Ă  l’indiffĂ©rence, on essayait
 autrement ? Si on s’aidait diffĂ©remment.
Ce ne sera pas facile, non. C’est toujours compliquĂ© de sortir du trou dans lequel on est. Mais ça en vaut la peine, je t’assure.


Tu verras, il y a quelque chose de beau dans un regard bienveillant.
Quelque chose de fort dans le sourire de quelqu’un à qui tu as fait du bien.

Un jour, toi et moi, on racontera cette histoire Ă  ceux qui viendront aprĂšs nous.
On leur dira qu’on a choisi de se tendre la main, malgrĂ© les doutes, malgrĂ© la douleur. On leur dira que ça nous a pris du temps, mais qu’on l’a fait.
Et eux aussi, un jour, le feront pour les suivants.

Tu vois comme c’est beau ?
Rien que de l’imaginer
 ça donne envie, n’est-ce pas ?

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