La Martinique sâest rĂ©veillĂ©e un dimanche matin, secouĂ©e par le bruit des balles en rafales.
Trois jeunes sont partis. EnvolĂ©s pour un long voyage vers lâinconnu, vers un ailleurs sans nom.
Laissant derriÚre eux des souvenirs, des sourires éteints, de la douleur, et un vide immense pour ceux qui les aimaient.
Alors la Martinique sâinterroge :
Combien dâenfants devront encore sâĂ©teindre avant quâon ne sâen soucie vraiment ?
Comment un peuple peut-il rester silencieux devant la perte de ses propres fils, de ses propres filles ?
Les Martiniquais peuvent-ils se réveiller de ce sommeil profond, dans lequel ils ont plongé sans résistance ?
Je me permets de te parler aujourdâhui, car je te voisâŠ
Je te vois rĂ©pĂ©ter chaque jour les mĂȘmes gestes.
Je te vois quand tu es dans ta voiture, quand tu marches dans la rue, fatigué, te questionnant sans cesse.
Je pense avec toi. Je rĂȘve avec toi. Je sais que parfois, tu es perdu. Je sais que parfois câest difficile.
Je comprends. Je sais que tu as acceptĂ© une situation parce que tu ne vois plus dâissue.
Tu te dis : « Ă quoi bon ? Chacun sa galĂšre. Quand moi jâĂ©tais au plus bas, personne ne mâa tendu la main. »
Mais je te pose une question :
Et sâil ne restait plus personne autour de toi ?
Ne ressentirais-tu pas la solitude, le manque, le regret de nâavoir pas agi ?
Et si, au lieu de cĂ©der Ă lâindiffĂ©rence, on essayait⊠autrement ? Si on sâaidait diffĂ©remment.
Ce ne sera pas facile, non. Câest toujours compliquĂ© de sortir du trou dans lequel on est. Mais ça en vaut la peine, je tâassure.
Tu verras, il y a quelque chose de beau dans un regard bienveillant.
Quelque chose de fort dans le sourire de quelquâun Ă qui tu as fait du bien.
Un jour, toi et moi, on racontera cette histoire Ă ceux qui viendront aprĂšs nous.
On leur dira quâon a choisi de se tendre la main, malgrĂ© les doutes, malgrĂ© la douleur. On leur dira que ça nous a pris du temps, mais quâon lâa fait.
Et eux aussi, un jour, le feront pour les suivants.
Tu vois comme câest beau ?
Rien que de lâimaginer⊠ça donne envie, nâest-ce pas ?

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