Me revoilà pour une nouvelle histoire.
Merci à toi pour ta fidélité et ton engagement autour de notre projet de réflexion sur la société martiniquaise.
Aujourd’hui, notre nouvelle expérience s’intitule : « Le bitume et le maire ». Encore un titre qui, tu t’en doutes, ne te laissera pas sur le carreau.
Je t’invite une fois encore et certainement pas la dernière à prendre le temps de cette réflexion.
À chaque élection municipale, une petite routine bien huilée reprend vie environ six mois avant le scrutin.
C’est à ce moment-là que les routes communales, jusque-là laissées à l’abandon, retrouvent miraculeusement une certaine jeunesse.
À Fort-de-France par exemple, le maire qui a pourtant montré de grandes difficultés à investir durablement dans sa ville – s’est récemment offert une finisseuse flambant neuve, un petit bijou à près de 100 000 €.
Un investissement impressionnant sur le papier… mais combien de fois sera-t-elle réellement utilisée ?
Pourquoi les maires aiment-ils autant le bitume ?
Tout est une question de perception.
Et, bien sûr, nous devons reparler de ce fameux syndrome du poisson rouge.
Nos élus ont bien compris qu’après cinq ans et six mois de doléances sur l’état des routes, il suffit d’un peu d’enrobé frais et de quelques coups de balai pour que le citoyen, tout content, oublie le reste.
Le moment est bien choisi : juste avant les élections.
Car si les travaux sont faits trop tôt, qu’y aura-t-il de visible au moment crucial ? Rien de marquant. Rien pour « impressionner ».
Et bien sûr, quelques mois après l’élection, les trous réapparaissent.
Comme par magie ou plutôt, comme par habitude. Rien ne change vraiment !
Ce que les maires savent (relativement) bien faire ?
Deux choses :
- Refaire les routes, de manière aléatoire.
- Inaugurer des complexes sportifs, plus clinquants qu’utiles.
Tu vois, tout cela n’a d’intérêt que si cela sert à maintenir le maire en place.
Alors, quelques billets sont sortis à la dernière minute. On fait briller l’asphalte, on coupe quelques rubans, on invite la presse.
Et voilà comment, avec un peu de paillettes et beaucoup de poudre de perlimpinpin, on se fait réélire…
… alors qu’on n’a rien fait, ou presque, durant les six années passées à la tête de la commune.
Finalement, on s’y est habitué.
On s’est accommodé de cette manière de faire.
On est conditionné.
Et tant que le syndrome du poisson rouge continue à faire son œuvre, le cycle se répétera. Encore. Et encore.
💡 À méditer…

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