Me revoilà, me revoici.
Ça faisait un moment, n’est-ce pas, que nous ne nous étions pas retrouvés pour discuter une fois encore de la situation de notre territoire, et plus largement de notre communauté.
Tu l’auras compris, j’ai pris un peu de distance avec notre belle île pour des raisons personnelles. C’est souvent quand tu t’y attends le moins que le destin te met à l’épreuve, face à des choses que tu pourrais croire insurmontables. Des choses qui viennent bouleverser un planning que tu avais mis deux années à construire. Et en deux temps, trois mouvements, tout bascule.
Alors tu te dis que c’est le destin qui t’en veut, qui t’oblige à comprendre que « eh mec, ce n’est pas pour toi, tu ne comprends pas ». Et toi tu réponds : fuck man, rien à foutre, j’y vais quand même.
Tu te retrouves à faire face, à jongler entre ce que tu penses vouloir, ce que le destin met sur ta route et ce que tu dois laisser transparaître. Être là, toujours, alors que tu pourrais dire : j’ai autre chose à faire. Parce que les autres ne se soucient pas de tout cela ; eux vont au plus simple.
Parfois, j’ai envie de tout plaquer, de tout foutre en l’air, et de vivre simplement ce qu’il y a à vivre. À quoi bon se soucier des autres, alors que les autres ne se soucient même pas d’eux-mêmes ? Enfermés dans une boucle d’événements répétitifs, à la recherche d’une reconnaissance permanente.
Finalement, je me retrouve enfermé dans une boucle de compréhension, dans une redondance de conversations qui mènent toujours au même point.
Pour moi, la vie devrait être une succession d’événements menant à l’évolution de l’être et à une meilleure compréhension du monde dans son ensemble. Nous devons vivre pour apprendre, pour évoluer, pour aimer ce qui nous entoure.
La construction de la pensée philosophique, menant à une appartenance à une structure sociétale, se fait lorsque la conscience de soi, dans un ensemble proportionné, devient réaliste.
En dehors de tout enclavement ou encadrement de la pensée, la liberté se manifeste de la manière la plus simple qui soit : nous respirons librement nos mots et nos émotions.
Mais aujourd’hui, il convient de comprendre que nous sommes amenés à revisiter le sens même du mot liberté, car celui-ci se conjugue désormais à la reconnaissance des faits et des actions que nous devons entreprendre pour y parvenir.
Dans ce cadre précis, notre liberté est réduite. Elle permet certes l’évolution du soi dans un environnement donné, mais elle reste conditionnée. C’est pour cela que, dans ce monde, la conception de la liberté est toujours encadrée par ceux qui ont la possibilité de la modeler selon les prérequis nécessaires au bon fonctionnement de la société établie.
Alors que voulons-nous vraiment ?
Je crois que cette question est l’un des plus grands mystères de ce monde, car aujourd’hui, seuls 0,01 % de la population seraient capables d’y répondre.
Aujourd’hui, éloigné du tumulte des enjeux politiques et du bruit de notre belle île, je me demande si, au fond de nous-mêmes, nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour notre liberté.
Resterons-nous esclaves de notre propre considération, aveuglés par ce besoin de reconnaissance que nous jugeons nécessaire pour définir notre personnalité, indépendamment de toute réflexion communautaire ?
Chers Martiniquais, chères Martiniquaises, la voie vers la liberté ne se gagne pas dans les paillettes ni dans l’ivresse de l’alcool. Elle se gagne par la conquête de la fierté de soi. Il n’est pas question d’accepter les conditions dans lesquelles certains souhaitent nous maintenir. Il est encore moins question de suivre ces nouveaux prophètes qui prêchent le renouveau tout en conservant les mêmes au pouvoir.
Chers Martiniquais, votre destin ne dépend que de vous et de vous seuls.
Car pendant que certains attendent l’avènement d’un élu, le monde, lui, continue d’avancer. Et il ne s’arrête pas.

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