Pour une bouchée de pain, on vend son vote…et on hypothèque son avenir

Me revoici, me revoilà, fidèle au rendez-vous, comme à chaque fois, pour entretenir ce lien qui nous unit. Car tu le sais, rien ne dure sans être nourri ; alors je m’attelle, avec ardeur, à faire vivre notre relation.

Par deux fois, je me suis trompé.
Et je le dis sans détour : c’est inadmissible.

J’ai longtemps cru que le problème était l’ignorance. Que si une partie de la population faisait de mauvais choix, c’était faute d’information. Une erreur d’analyse. Une illusion confortable.

La réalité est plus dure.
Ce n’est pas seulement de l’ignorance. C’est de la compromission.

Oui, le mot dérange. Mais il faut le dire.

Non pas que cela soit nouveau, mais parce que je refusais de voir à quel point nous en étions arrivés là.

Car beaucoup ont parfaitement compris les règles du jeu.
Si les élus mangent, alors il faut manger aussi. Peu importe la part. Même les miettes suffisent, tant que quelque chose tombe.

Un poste.
Un logement.
Quelques sacs de ciment.
Un dossier qui avance.

Voilà ce que vaut un vote.

Nous ne sommes plus dans une élection.
Nous sommes dans une négociation.

Le bulletin n’est plus un choix d’avenir, c’est une monnaie d’échange.
Et la campagne électorale devient le moment idéal pour obtenir ce que six années de mandat n’ont jamais permis.

Pendant ce temps, une autre partie de la population s’est retirée.
Les silencieux.

Ceux qui ont construit, tenu bon, réussi malgré les obstacles.
Ceux dont les enfants sont partis en France ou ailleurs et qui ne reviendront probablement pas.

Ceux-là ne croient plus en rien.
Et surtout, ils ne participent plus.

Alors oui, ils ne sont pas tous ainsi.
Mais leur absence pèse lourd.

Car en politique, le vide n’existe pas.
Il est toujours occupé.

Et aujourd’hui, il l’est par un système où chacun tente de tirer sa part, aussi petite soit-elle.

Sacré bordel!

Mais au fond, peut-on vraiment en vouloir à ceux qui jouent avec les règles qu’on leur a laissées ?

Tant que le champagne coulera, bon marché ou non, l’illusion de grandeur restera.

Alors la vraie question n’est pas de juger.
Elle est plus inconfortable.

Qu’est-ce qu’on est prêt à changer, nous ?

Pas demain.
Pas en théorie.

Maintenant!

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