Me revoici, me revoilà.
Comme à chaque fois, nous nous retrouvons pour partager un moment d’échange en toute intimité.
Tu le sais, ce lien que nous entretenons n’est pas anodin. Il repose sur quelque chose de plus subtil : une habitude, une curiosité… peut-être même une forme de fidélité. Tu observes, je m’exprime. Et, d’une certaine manière, nous avançons ensemble.
Mais aujourd’hui, cet échange sera différent.
Aujourd’hui, je t’emmène dans mon monde.
Tout est parti d’une phrase, presque banale :
« Ça se voit que tu t’en fous. »
Elle m’a fait sourire.
Pas parce qu’elle est vraie ou fausse… mais parce qu’elle révèle quelque chose de plus profond :
ce n’est pas seulement ce que tu es qui compte, mais ce que les autres sont capables de percevoir de toi.
Certains me disent de choisir une voie, de m’y tenir.
D’autres n’arrivent simplement pas à me définir.
Et c’est normal.
Je suis moi, ici et maintenant, en train de t’écrire.
Je suis moi dans les vidéos que tu regardes.
Je suis moi dans la rue, quand tu me croises.
Et pourtant…
Il y a autant de versions de moi qu’il y a de regards posés sur moi.
On pourrait m’appeler l’homme sans ombre.
Ou peut-être… l’apparat d’un leader atypique.
Parce que mon monde n’est pas le tien.
Dans mon monde, les choses sont simples :
elles se traduisent en 0 et en 1.
Il n’y a pas de place pour le doute, ni pour l’approximation, ni pour les demi-mesures.
L’exigence y est telle qu’elle empêcherait beaucoup de se lever le matin.
Alors, ceux qui vivent comme moi apprennent vite une chose :
on ne s’intègre pas… on s’adapte.
Et parfois, pour s’adapter, il faut savoir se détacher.
Il y a 15 ans, j’ai fait ce choix.
Celui d’entrer dans ton monde.
Mais pour y rester, je ne pouvais pas être entièrement moi.
Parce que si je l’étais…
ce serait toi qui serais en inconfort.
Car être pleinement soi…
c’est parfois renoncer à être compris.
Un jour, un ami m’a dit :
« Tu devrais avoir plus confiance en toi. »
Il se trompait.
Ce n’est pas en moi que je n’ai pas confiance.
C’est dans le concept même de confiance.
La confiance, dans ton monde, est un mécanisme de défense.
Un pacte implicite pour supporter l’incertitude.
Mais ce pacte repose sur une illusion : celle que les autres respectent ce qu’ils promettent.
Mais revenons à l’essentiel.
Pourquoi je te dis tout ça aujourd’hui ?
Parce que ce décalage entre toi et moi…
c’est exactement le même qui existe entre le monde tel qu’il est,
et le monde tel qu’il devrait être.
Nous vivons dans une succession d’habitudes, de cycles, de répétitions.
Un système qui rassure… mais qui nous endort.
Et pendant ce temps, notre réalité évolue.
Notre terre change.
Notre équilibre se fragilise.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus de comprendre qui je suis.
Il s’agit de comprendre ce que toi, tu choisis de devenir.
Parce que le changement n’est plus une option.
Il est une nécessité.
Et il commence ici.
Avec toi.
Pour notre avenir.
Et pour celui du peuple martiniquais.

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