Catégorie : Expression libre

  • Amour, choix et beauté!

    Amour, choix et beauté!

    Me revoilà, me revoici.
    Ça faisait un moment, n’est-ce pas, que nous ne nous étions pas retrouvés pour discuter une fois encore de la situation de notre territoire, et plus largement de notre communauté.

    Tu l’auras compris, j’ai pris un peu de distance avec notre belle île pour des raisons personnelles. C’est souvent quand tu t’y attends le moins que le destin te met à l’épreuve, face à des choses que tu pourrais croire insurmontables. Des choses qui viennent bouleverser un planning que tu avais mis deux années à construire. Et en deux temps, trois mouvements, tout bascule.

    Alors tu te dis que c’est le destin qui t’en veut, qui t’oblige à comprendre que « eh mec, ce n’est pas pour toi, tu ne comprends pas ». Et toi tu réponds : fuck man, rien à foutre, j’y vais quand même.

    Tu te retrouves à faire face, à jongler entre ce que tu penses vouloir, ce que le destin met sur ta route et ce que tu dois laisser transparaître. Être là, toujours, alors que tu pourrais dire : j’ai autre chose à faire. Parce que les autres ne se soucient pas de tout cela ; eux vont au plus simple.

    Parfois, j’ai envie de tout plaquer, de tout foutre en l’air, et de vivre simplement ce qu’il y a à vivre. À quoi bon se soucier des autres, alors que les autres ne se soucient même pas d’eux-mêmes ? Enfermés dans une boucle d’événements répétitifs, à la recherche d’une reconnaissance permanente.

    Finalement, je me retrouve enfermé dans une boucle de compréhension, dans une redondance de conversations qui mènent toujours au même point.

    Pour moi, la vie devrait être une succession d’événements menant à l’évolution de l’être et à une meilleure compréhension du monde dans son ensemble. Nous devons vivre pour apprendre, pour évoluer, pour aimer ce qui nous entoure.

    La construction de la pensée philosophique, menant à une appartenance à une structure sociétale, se fait lorsque la conscience de soi, dans un ensemble proportionné, devient réaliste.

    En dehors de tout enclavement ou encadrement de la pensée, la liberté se manifeste de la manière la plus simple qui soit : nous respirons librement nos mots et nos émotions.

    Mais aujourd’hui, il convient de comprendre que nous sommes amenés à revisiter le sens même du mot liberté, car celui-ci se conjugue désormais à la reconnaissance des faits et des actions que nous devons entreprendre pour y parvenir.

    Dans ce cadre précis, notre liberté est réduite. Elle permet certes l’évolution du soi dans un environnement donné, mais elle reste conditionnée. C’est pour cela que, dans ce monde, la conception de la liberté est toujours encadrée par ceux qui ont la possibilité de la modeler selon les prérequis nécessaires au bon fonctionnement de la société établie.

    Alors que voulons-nous vraiment ?
    Je crois que cette question est l’un des plus grands mystères de ce monde, car aujourd’hui, seuls 0,01 % de la population seraient capables d’y répondre.

    Aujourd’hui, éloigné du tumulte des enjeux politiques et du bruit de notre belle île, je me demande si, au fond de nous-mêmes, nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour notre liberté.
    Resterons-nous esclaves de notre propre considération, aveuglés par ce besoin de reconnaissance que nous jugeons nécessaire pour définir notre personnalité, indépendamment de toute réflexion communautaire ?

    Chers Martiniquais, chères Martiniquaises, la voie vers la liberté ne se gagne pas dans les paillettes ni dans l’ivresse de l’alcool. Elle se gagne par la conquête de la fierté de soi. Il n’est pas question d’accepter les conditions dans lesquelles certains souhaitent nous maintenir. Il est encore moins question de suivre ces nouveaux prophètes qui prêchent le renouveau tout en conservant les mêmes au pouvoir.

    Chers Martiniquais, votre destin ne dépend que de vous et de vous seuls.
    Car pendant que certains attendent l’avènement d’un élu, le monde, lui, continue d’avancer. Et il ne s’arrête pas.

  • Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?

    Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.
    Tu connais déjà nos rendez-vous : ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde.
    Merci pour ta fidélité. Si ce n’est pas déjà fait, abonne-toi, partage avec ton entourage… et surtout, plonge avec moi dans le terrier du lapin blanc.

    Après la fête, les paillettes, l’alcool et l’ivresse, septembre sera-t-il le mois de la révolte ?
    Les Martiniquaises, les Martiniquais, sommes-nous aujourd’hui prêts à nous faire entendre ?
    Sommes-nous prêts à nous faire comprendre ?
    Sommes-nous capables de sortir de nos habitudes pour emprunter un chemin différent, plus proche de ce que nous voulons vraiment ?

    Depuis que nous cheminons ensemble, à travers mes vidéos et nos échanges, nous avons découvert bien des choses que nous ne soupçonnions pas. Parce que, souvent, nous ne cherchions pas. Et comment s’intéresser à ce que l’on ne sait même pas qui existe ?

    Pour ma part, ma vision s’est éclaircie : le savoir, c’est le pouvoir. Mais ce pouvoir s’accompagne du doute. Un doute qui m’a parfois serré la gorge, donné envie de renoncer. Et je sais que pour toi aussi, c’est pareil.
    On se dit : « à quoi bon ? »
    On accepte que rien ne changera.
    Et alors, rien ne change.

    On dit : « L’ Antillais est ceci, l’ Antillais est cela. »
    On se discrédite entre nous, on se méfie les uns des autres. On vit ensemble, mais sans être ensemble. Et ça, depuis toujours.

    Pourtant, l’histoire le montre : c’est dans les luttes qu’un peuple se construit. C’est autour d’un objectif commun qu’il naît. Alors, la Martinique choisira-t-elle la lutte pour préserver sa jeunesse, ses terres, son économie, son avenir ?

    Moi, je veux y croire.
    Et toi ?

    Je continuerai, pas à pas, sur ce chemin parfois lourd comme un chemin de croix. Pour que nous continuions à apprendre, à comprendre, et à grandir ensemble.

  • « Le champagne ne remplacera pas le changement »

    « Le champagne ne remplacera pas le changement »

    Me revoici, me revoilà, prêt pour une nouvelle aventure.
    Vacances obligent, j’ai pris un peu de recul ! J’espère que tu es prêt pour notre rendez-vous, ces instants où l’on échange, où l’on questionne notre petit monde. Je sens ton impatience, comme à chaque fois, de découvrir l’histoire du jour.
    Alors merci. Merci pour ta fidélité.

    Si ce n’est pas déjà fait, je t’invite à t’abonner à cette page, à partager avec ton entourage, et surtout, à plonger avec moi dans le terrier du lapin blanc…

    Comme une routine bien huilée, chaque histoire appelle un nouveau titre. Et avec moi, tu le sais, ce n’est jamais un titre anodin.


    L’été en Martinique a ce parfum unique, mélange de plage, de champagne et de musique.
    Le soleil glisse sur la peau comme un voile chaud, les corps se déhanchent au rythme des basses, la mer, elle, reste notre complice.
    La Mercury Beach brille comme une parenthèse dorée, où le temps semble se figer.
    Les afters du Tour des Yoles prolongent la fête jusque tard dans la nuit, et sur les visages, on ne lit que la joie, l’ivresse, l’oubli.

    Et c’est vrai, on en a besoin.
    Besoin de ces moments qui nous rassemblent.
    Besoin de se rappeler qu’avant d’être des voix qui s’opposent, on est un peuple qui sait vibrer à l’unisson.

    Mais dans cette douce euphorie, il y a un silence qui pèse.
    Celui des questions qu’on remet à plus tard.
    Pendant que les enceintes crachent nos sons de l’été, l’essence n’a pas baissé, la vie reste chère, la jeunesse continue de partir et nos terres sont toujours spoliées.

    Mais on vit comme si la fête pouvait tout réparer.
    Comme si elle pouvait repousser indéfiniment le moment où il faudra changer.


    Changer ne veut pas dire arrêter de vivre.
    Changer, c’est se dire que notre énergie pour danser peut aussi servir à construire.
    C’est accepter de regarder nos contradictions sans se juger, mais sans se mentir surtout.
    C’est passer de la parole aux actes, de la critique à la création.

    La fête n’est pas l’ennemie du changement.
    Elle est la preuve que nous savons nous rassembler, nous organiser, créer du beau.
    Alors imaginons que ce savoir-faire, cette chaleur humaine, on l’injecte aussi dans notre projet collectif.

    Car après les yoles, après la plage, après les rires…
    Il reste notre île.
    Et elle, elle ne peut pas attendre que la musique s’arrête pour aller mieux.

    Parce que danser ensemble, c’est bien.
    Mais avancer ensemble, c’est mieux.

  • Mon cœur s’emballe, et le monde s’enflamme !

    Mon cœur s’emballe, et le monde s’enflamme !

    Tu l’as sûrement remarqué, tout comme moi je l’espère : le monde prend un tournant qui nous interpelle. Je m’interroge, peut-être le fais-tu aussi, sur les raisons profondes de ce changement.

    Me permets-tu de partager ma réflexion avec toi ? Je t’invite bien sûr à en faire de même. C’est en croisant nos réflexions que nous nous rapprocherons peut-être de la vérité.

    Hier encore, un adolescent de 14 ans a poignardé une assistante d’éducation. Les raisons ? Incompréhensibles face à la gravité de l’acte. Que se passe-t-il chez les jeunes ? Pourquoi ces histoires se répètent-elles toujours plus souvent dans les faits divers ?

    Quelle est aujourd’hui la valeur d’une vie ? On pourrait se poser la question de connaitre la valeur d’une vie aux yeux de tout un chacun, si la mort semble si présente autour de nous, c’est que finalement elle semble légitime.

    Il suffit d’un couteau, d’un fusil, d’un missile pour ôter la vie d’une personne, d’un millier sans provoquer plus qu’un frisson d’indifférence.

    Et ceux censés protéger, prévenir, faire barrage… que font-ils vraiment ? Si eux-mêmes n’en prennent pas la mesure, alors oui, notre monde, non notre société est en péril.

    Le monde existera toujours. L’homme, lui, est de passage. Mais cette vérité est obscurcie par une société qui prétend tout contrôler, tout gérer, tout rentabiliser. Nous vivons selon un projet construit pour le profit d’une minorité, oubliant que le temps qui nous reste peut s’effacer d’un coup, si nous ne faisons rien.

    Nous avons perdu la maîtrise de notre destin. Nous l’avons confiée à des gens qui, au fond, rêvent seulement de briller autant que ceux qu’ils admiraient enfants, l’élite économique.

    Aujourd’hui, beaucoup ferment les yeux. Le pouvoir dépend souvent de ceux à qui on prête allégeance.

    Si la pauvreté régnait en politique, seul l’hospice y serait roi !

    Et pendant ce temps, une nouvelle espèce prospère : celle qui fait commerce de l’innocence de nos enfants. Elle s’infiltre dans leurs écrans, pour y semer des mots, des idées, des comportements, violences. Rien ne les arrête, sinon notre vigilance.

    Pourquoi ? Pour l’argent.

    En 1998, Joey Starr chantait déjà :
    « Laisse pas traîner ton fils
    Si tu veux pas qu’il glisse,
    Qu’il te ramène du vice ! »

    Et il posait la question juste :
    « Que voulais-tu qu’il apprenne dans la rue ? Quelles vertus croyais-tu qu’on lui enseigne ? »

    Alors, allons-nous continuer à fermer les yeux ? Attendre que quelqu’un d’autre fasse ce que nous devons faire ?

    Qu’en dis-tu ?

    Comprends-tu, peut-être mieux maintenant, que notre responsabilité est réelle ? Même si tu penses que tout cela ne te touche pas encore… mais pour combien de temps ?

    Oui, c’est plus facile de rester chez soi, de se concentrer sur ce qu’on maîtrise ou croit maitriser. Mais ce monde a besoin de toi, il a besoin de nous !

    Pas à pas, main dans la main, nous avancerons. Ensemble, encore une fois, si tu le veux bien.

  • 🌺 La Martinique, l’île aux fleurs… l’île en pleurs

    🌺 La Martinique, l’île aux fleurs… l’île en pleurs

    La Martinique s’est réveillée un dimanche matin, secouée par le bruit des balles en rafales.
    Trois jeunes sont partis. Envolés pour un long voyage vers l’inconnu, vers un ailleurs sans nom.
    Laissant derrière eux des souvenirs, des sourires éteints, de la douleur, et un vide immense pour ceux qui les aimaient.

    Alors la Martinique s’interroge :
    Combien d’enfants devront encore s’éteindre avant qu’on ne s’en soucie vraiment ?
    Comment un peuple peut-il rester silencieux devant la perte de ses propres fils, de ses propres filles ?
    Les Martiniquais peuvent-ils se réveiller de ce sommeil profond, dans lequel ils ont plongé sans résistance ?

    Je me permets de te parler aujourd’hui, car je te vois…
    Je te vois répéter chaque jour les mêmes gestes.
    Je te vois quand tu es dans ta voiture, quand tu marches dans la rue, fatigué, te questionnant sans cesse.


    Je pense avec toi. Je rêve avec toi. Je sais que parfois, tu es perdu. Je sais que parfois c’est difficile.
    Je comprends. Je sais que tu as accepté une situation parce que tu ne vois plus d’issue.
    Tu te dis : « À quoi bon ? Chacun sa galère. Quand moi j’étais au plus bas, personne ne m’a tendu la main. »

    Mais je te pose une question :
    Et s’il ne restait plus personne autour de toi ?
    Ne ressentirais-tu pas la solitude, le manque, le regret de n’avoir pas agi ?

    Et si, au lieu de céder à l’indifférence, on essayait… autrement ? Si on s’aidait différemment.
    Ce ne sera pas facile, non. C’est toujours compliqué de sortir du trou dans lequel on est. Mais ça en vaut la peine, je t’assure.


    Tu verras, il y a quelque chose de beau dans un regard bienveillant.
    Quelque chose de fort dans le sourire de quelqu’un à qui tu as fait du bien.

    Un jour, toi et moi, on racontera cette histoire à ceux qui viendront après nous.
    On leur dira qu’on a choisi de se tendre la main, malgré les doutes, malgré la douleur. On leur dira que ça nous a pris du temps, mais qu’on l’a fait.
    Et eux aussi, un jour, le feront pour les suivants.

    Tu vois comme c’est beau ?
    Rien que de l’imaginer… ça donne envie, n’est-ce pas ?

  • Panser son peuple

    Panser son peuple commence par le partage de savoir qui lui permettra de comprendre ces blessures.
Mieux comprendre pour mieux avancer.
Aujourd’hui loin de l’agitation des combats, que soulève la situation du territoire Martiniquais, je me pose la question de savoir qui prend le temps de soigner les blessures d’une population qui n’a eu de cesse d’être traumatisé par des années d’enfermement et de contrainte.
Que cet enfermement soit physique ou psychologique, il génère un stress quotidien sur une population qui n’a plus grand-chose à quoi se retenir. 
Les difficultés du territoire reposent sur une méconnaissance des mécanismes qui régissent une société fondée sur le principe d’une inégalité approuvé. 
Le principe du leader se base sur une volonté de s’ériger en étendard d’une vision qui correspond à l’appréciation d’une situation à un instant donne, sans pour autant y associer le souhaite des personnes qui devront supporter ce statut de leader ériger en étendard.
Dans un monde ou nous vivons au travers d’une volonté manifeste de trouver dans le comportement de l’autre, l’acceptation d’une situation dont nous sommes soit supérieur ou égale dans le simple but de nous sentir dans une position dominante.  
Nous serons incapables de panser nos plaies, car comment dans une telle situation serions-nous capables d’analyser la brèche qui a forgé notre conception du monde dans lequel nous évoluons constamment. Regis par l’idée qu’être mieux que l’autre sera toujours un gage de réussite. 
Nous devons avant toute chose comprendre que nous reproduisons de façon consciente une attitude socialement destructrice. La catharsis de la pensée martiniquaise s’oppose de fait à une évolution qui doit amener se peuple a se construire en passant par l’acceptation de son histoire. 
L’étendard ériger en héros s’il ne prend pas la dimension psychologique de la pensée Martiniquaise qui se trouve dans une phase d’auto sabotage n’arrivera pas à converger les forces nécessaires pour construire le concept premier d’une nation, la ferveur populaire. 
Panser son peuple, ou de façon moins autocratique, panser une population en mal d’avenir, ne peut se faire que sur les bases d’une relation de confiance qui doit permettre de mettre en lumière toutes les failles que cette population refuse par principe de voir. Car elle se trouve dans une idéologie qui lui confère le droit d’être tout sachant.
Panser son peuple ou de façon plus générale une population revient a partir d’un fait premier, définir qui nous sommes et où nous souhaitons arriver. Il ne se fait pas par la volonté d’imposer un concept de penser qui doit amener celui-ci a une position dominante car il reproduira de façon récurrente les traumatises qui ont entrainé l’enfermement de la pensée de cette population.
Déconstruire pour reconstruire, reprendre maille par maille afin de tissé une toile mémoriel qui s’inscrira dans le cadre d’une pensée collective, base sur un échange élargie afin d’obtenir la meilleure image possible a laquelle se référé.

    Panser son peuple commence par le partage du savoir, car c’est en comprenant ses blessures qu’il pourra avancer.

    Aujourd’hui, loin de l’agitation qui entoure les débats sur la situation du territoire martiniquais, je me pose une question essentielle : qui prend véritablement le temps de soigner les blessures d’une population constamment marquée par des années d’enfermement, de contraintes, de ruptures silencieuses ?

    Qu’il soit physique ou psychologique, cet enfermement génère un stress quotidien sur une population qui, peu à peu, perd ses repères, ses racines, sa confiance.

    Les difficultés du territoire reposent en partie sur une méconnaissance des mécanismes qui structurent une société fondée sur le principe d’une inégalité acceptée, voire institutionnalisée.

    Le leader, dans ce contexte, se construit trop souvent autour de l’image d’un étendard, d’un symbole. Mais se pose-t-il la question de savoir s’il représente vraiment les volontés de ceux qu’il prétend incarner ? Un leader sans ancrage dans la réalité psychologique de son peuple court le risque de devenir une figure vide, déconnectée.

    Nous vivons dans une société où la domination subtile s’exerce parfois par la comparaison constante. Être perçu comme supérieur à l’autre devient un objectif, une quête de légitimité. Mais dans un tel système, comment pourrions-nous panser nos plaies ? Comment prendre conscience de la brèche originelle, de cette faille dans notre perception du monde qui nous pousse à reproduire sans cesse les logiques d’oppression ?

    Nous devons reconnaître que nous reproduisons, parfois inconsciemment, des comportements socialement destructeurs. La pensée martiniquaise, dans sa quête de sens, semble enfermée dans un mécanisme d’autosabotage. La catharsis collective, cette libération émotionnelle par la connaissance de notre passé devient alors un passage obligé pour se reconstruire.

    Un peuple ne peut s’unir autour d’un leader si celui-ci ne prend pas en compte la douleur enfouie, les traumatismes historiques et les fragilités identitaires qui le traversent. Sans cette prise de conscience, il ne pourra jamais générer l’élan collectif nécessaire à la naissance d’un véritable projet national, porté par la ferveur populaire.

    Panser un peuple ou plus justement, panser une population en quête d’avenir ne peut se faire que sur la base d’une relation de confiance. Une confiance qui permet de mettre en lumière les failles, même celles que l’on refuse de voir. Trop souvent, notre société entretient l’illusion du « tout-savoir », un réflexe défensif face à une histoire douloureuse et partiellement déniée.

    Repenser notre avenir commence par redéfinir qui nous sommes, et ce que nous voulons devenir. Il ne s’agit pas d’imposer un schéma de pensée ni de viser une position dominante. Il s’agit de rompre avec les traumatismes passés, de déconstruire ce qui a été inculqué pour reconstruire, pièce par pièce, une mémoire collective solide.

    Déconstruire pour reconstruire.

    Reprendre maille par maille notre histoire, pour tisser une toile mémorielle vivante, partagée, enracinée. Une pensée collective, nourrie par un dialogue élargi, ouverte à toutes les vérités pour enfin obtenir une image de nous-mêmes à laquelle nous pourrons, en conscience, nous rattacher.