Nous revoilà pour une nouvelle histoire.
On ne change pas une équipe qui gagne quand il s’agit d’ouvrir les yeux sur une réalité qui nous concerne tous.
Ça faisait longtemps qu’on ne s’était plus parlé.
Tu me diras, il s’est passé tellement de choses entre-temps.
Je n’avais plus la tête à ça. Tu m’excuseras. Parfois ce n’est pas facile. La vie dépose des événements sur ta route, et moi, comme une huître, je me renferme dans ma tête.
Il n’y a aucune folie là-dedans.
Je ferme les yeux… et plus rien n’existe.
Tu vois, on devient de plus en plus intimes.
Je te partage une partie de moi, et toi, quelque part, tu me comprends.
Et puis après tout, qu’est-ce que ça change ? Je suis moi, tu es toi, parmi tant d’autres. Ensemble, nous formons une communauté.
Tu l’as vu comme moi ou du moins, je le crois le monde part en sucette.
Alors ce soir, on donnera comme titre :
Trône de guerre pour plage de pétrole.
Était-il possible de prévoir la trajectoire que le monde allait prendre ?
Parfois les événements nous échappent. Une décision prise aux États-Unis peut modifier l’ordre mondial. Les équilibres sont fragiles. Les alliances intéressées. Les principes… négociables.
Avec toi, comme à chaque fois, on va essayer de comprendre.
Poser une réflexion.
Décrypter la situation pour mieux l’appréhender.
On est tellement habitués aux mensonges que lorsqu’une personne dit la vérité sur ses intentions, on croit d’emblée qu’elle ment. Pourtant, certains dirigeants ont toujours affiché clairement leurs ambitions. Les journalistes semblent surpris, comme si la franchise dérangeait plus que l’hypocrisie.
L’intention première d’un politique, c’est l’obtention du pouvoir.
Une fois qu’il l’a, la vraie question est : que fera-t-il de ce pouvoir ?
Dans ce monde, les forts veulent être plus forts.
Les faibles deviennent variables d’ajustement.
Ils travaillent pour des miettes, s’isolent dans leurs contraintes et finissent par s’habituer à leur condition.
La maîtrise de la pensée ne passe plus forcément par la peur.
Elle passe par la contrainte quotidienne.
Par l’absence de connaissance.
Par la fatigue.
Par la répétition.
Il est plus facile d’orienter quelqu’un qui ignore les règles du jeu que de le contraindre par la force.
On pourrait dire :
S’il n’y avait pas d’argent, il n’y aurait pas d’horreur.
S’il n’y avait pas de pétrole, il n’y aurait pas de morts.
S’il n’y avait pas de champagne, il n’y aurait pas de fêtes.
Alors nous serions tous heureux dans les champs.
Mais au fond… est-ce vraiment ce que nous voulons ?
Je t’avoue mon inquiétude.
Parfois j’aimerais débrancher la prise.
M’asseoir sur un banc.
Fermer les yeux et me couper de tout.
Mais la réalité ne disparaît pas parce qu’on cesse de la regarder.
Il y a tant de choses à faire et si peu de temps pour les faire.
Serons-nous capables, un jour, d’ouvrir les yeux sur cette réalité qui nous rattrape avant qu’elle ne nous engloutisse ?
Nous reprendrons notre route ensemble. Une fois de plus nous ferons un bout de chemin ensemble.
Un pas après l’autre.
Nous serons deux.
Puis trois.
Puis…

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